Le centre Lumen, qui est à la fois le service de médecine nucléaire du centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard et des Hospices civils de Lyon, utilise la TEP-TDM Vereos® 100 % numérique de Philips depuis juin 2018. Pourquoi avez-vous choisi cet appareil ?

Thomas Mognetti / En 2018, Il nous a fallu remplacer l’une de nos deux TEP-TDM. Une machine « classique » nous aurait permis de pérenniser notre activité actuelle mais probablement guère plus. Or, la TEP représente les deux tiers de notre activité, avec 8 000 actes par an, et ce nombre augmente de plus de 10 % chaque année. Il nous fallait donc un appareil capable de faire face aux futures hausses. La TEP-TDM Vereos® offre un gain de sensibilité qui permet de raccourcir le temps d’examen. Nous sommes passés de 30 minutes à 20 minutes, ce qui correspond à une augmentation de 50 % du flux de patients, à consommation de traceur et qualité d’examen constantes.

Au-delà d’un examen raccourci, quels sont les avantages pour le patient ?

T. M. / En augmentant notre capacité, nous avons amélioré notre réactivité et réduit nos délais de rendez-vous. Nous aurions aussi pu utiliser la sensibilité accrue de la machine pour accueillir le même nombre de patients et consommer moins de traceur, mais notre priorité était d’accroître notre activité.

Quels sont les apports de la technologie 100 % numérique au niveau médical ?

T. M. / Nous avons essentiellement gagné en résolution. Sur les TEP traditionnelles, les voxels mesurent en général 4 mm isotropes. Sur la nouvelle machine, nous faisons des reconstructions avec des voxels de 2 mm, ce qui nous donne un gain de résolution d’un facteur 8 puisque nous divisons la taille des voxels par 2 dans toutes les dimensions. Dans certaines situations, cette finesse rend décelables des lésions qui restaient invisibles sur les autres machines.

Pouvez-vous donner un exemple de telles lésions ?

T. M. / Nous avons examiné un patient qui présentait une élévation des marqueurs dans un cancer du pancréas, avec une lésion unique du foie en situation paradiaphragmatique, soit un emplacement un peu difficile en raison des artefacts respiratoires. La nouvelle machine nous a permis de découvrir une nouvelle lésion unique au niveau du foie gauche. Rétrospectivement, elle n’apparaissait pas sur les examens de résolution 4 mm, même en connaissant son emplacement.

Quels sont les effets potentiels sur la survie des patients ?

T. M. / Il est trop tôt pour le dire. Nous avons envie de penser que voir davantage de lésions va changer quelque chose en nous permettant de faire des diagnostics plus précoces mais il faudra des études rigoureuses sur plusieurs années pour évaluer les gains de survie éventuels.

Vous menez justement des études pour évaluer l’intérêt de la TEP-TDM 100 % numérique en radiothérapie. Pouvez-vous nous les présenter ?

T. M. / Nous étudions depuis quelques années l’utilité de la TEP pour optimiser le ciblage des traitements de radiothérapie externe. Nous mettons les patients en traitement directement sur la TEP. Notre objectif est de déterminer si le gain de sensibilité et de résolution qu’offre ce nouvel appareil permet d’affiner davantage ce ciblage. Nous menons aussi des études sur des protocoles thérapeutiques à base de radiothérapie interne vectorisée. Dans ce cadre, nous cherchons à savoir si une TEP-TDM de meilleure résolution permet d’affiner les études dosimétriques post traitement.