Quinze ans après le lancement de GXD5, pourquoi avoir choisi d’opérer une refonte totale vers le « full web » ?
Frédéric Nicolle / Si le « full web » est un standard historique pour nos solutions de téléradiologie, le marché du RIS est aujourd’hui prêt pour ce tournant. La webisation n’est pas nouvelle chez Enovacom. C’est une réponse directe au nomadisme médical : le praticien doit pouvoir interpréter depuis des centres différents ou même son domicile. Le web offre cette agilité : on retrouve son environnement de travail via un simple navigateur, sans aucune contrainte d’installation. Techniquement, c’est aussi un changement de paradigme pour la maintenance et le déploiement immédiat des mises à jour. L’objectif est de proposer un outil fiable, qui se fait oublier par sa simplicité, mais qui répond présent à chaque instant.
Vous parlez d’un « portail radiologue » agnostique. En quoi cela change-t-il concrètement le quotidien des praticiens ?
F. N. / Cette première étape, lancée en 2026, brise les silos. Le portail fait partie intégrante du RIS Enovacom mais peut aussi s’interfacer avec n’importe quel outil du marché. Une certaine continuité peut être envisagée quand elle est au bénéfice des praticiens. Pour les grands groupes possédant des parcs hétérogènes, nous offrons donc une interface unique et épurée. Le médecin dispose de toutes ses données à l’instant T, sans changer d’environnement. C’est un véritable « hub » qui simplifie le quotidien en centralisant l’accès à l’information.
L’intelligence artificielle peut être perçue comme un gadget. Quelle est votre approche pour qu’elle apporte une valeur réelle sans ajouter de la complexité ?
F. N. / Enovacom assume une position de chef d’orchestre. Plutôt que de tout développer en interne, nous intégrons les meilleures solutions expertes au sein du flux de travail. Gleamer propose au radiologue un pré-diagnostic automatisé des examens via un code couleur (positif, négatif ou à contrôler), ce qui sert à prioriser les examens. Pour la productivité, l’IA Doctreen combine reconnaissance vocale et structuration automatique des comptes rendus, suggérant même des éléments de contexte pertinents. Cette intelligence s’étend au parcours patient avec Wiis pour optimiser l’accueil, Simplify pour le secrétariat téléphonique ou encore les agents conversationnels Vocca et CareCall qui automatisent la prise de rendez-vous directement dans l’agenda du RIS. L’idée est de rendre la technologie invisible pour optimiser le temps médical et sécuriser chaque étape, sans avoir à manipuler de nouveaux outils.
Le Ségur 2 est vécu par certains comme une contrainte. Que leur répondez-vous ?
F. N. / C’est un catalyseur de modernisation. Au-delà des 180 exigences techniques, le bénéfice est concret : la consultation native du DMP rapatrie automatiquement les antécédents du patient dans le RIS Enovacom qui s’appelle GXD5. Un véritable gain en termes de sécurité des soins et de temps de travail. Cette fluidité d’accès aux données s’étend également aux images via notre DRIMbox. Les examens du jour et les clichés antérieurs, même réalisés en dehors de l’établissement, cohabitent dans un flux unique, permettant une comparaison immédiate, sans rupture technologique.
Le passage au « full web » soulève une question centrale, celle de la sécurité. Quelles garanties offrez-vous face à la menace de cyberattaques ?
F. N. / La sécurité est notre priorité absolue. Nous bénéficions de l’expertise d’Orange Cyberdefense pour offrir des produits conçus pour être sûrs. Étant centralisé, le mode SaaS simplifie la défense. Au lieu de serveurs locaux vulnérables, une solution 100% Cloud offre un point d’entrée unique, sur des infrastructures certifiées HDS. Des audits et des tests rigoureux sont réalisés régulièrement pour garantir un outil qui fonctionne tout le temps, en toute sécurité pour le cabinet.
Une telle mutation peut bousculer l’organisation des centres : à quelle échéance les équipes pourront-elles s’approprier ce nouvel environnement de travail ?
F. N. / La migration est progressive pour éviter toute action qui serait préjudiciable pour l’activité. Après les radiologues en 2026, nous déploierons progressivement l’interface web pour l’ensemble des profils utilisateurs. L’enjeu final est de proposer un outil fiable qui ne fait pas de bruit, mais qui transforme la gestion du workflow en un processus parfaitement fluide. Avec la mutation de GXD5 vers une solution « full web », Enovacom entend ainsi prouver que la performance technologique se mesure avant tout à sa capacité à se faire oublier.
