Pourquoi avoir choisi comme thème des JFR 2026 « Patient, radiologue : une Alliance clé » ?
Isabelle Thomassin-Naggara / La radiologie traverse une période de profondes transformations avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, des outils prédictifs et de nouvelles techniques interventionnelles. Dans ce contexte très technologique, il était essentiel de rappeler que le cœur de notre métier reste le patient.
Le diagnostic, la prévention ou le traitement se construisent avec lui, dans une relation de confiance. Cette alliance entre le radiologue et le patient donne du sens à toutes les innovations que nous développons.
Cette volonté se traduira concrètement pendant les JFR 2026 avec un Focus Patient renforcé : présence d’associations de patients, Village des associations, tables rondes, témoignages et séances scientifiques intégrant directement la voix des patients. Leur expérience permettra d’enrichir les échanges et de mieux comprendre les attentes des personnes prises en charge au quotidien.
La radiologie interventionnelle sera l’un des grands axes des JFR 2026. Pourquoi cette mise en avant ?
I. T.-N. / Parce qu’elle représente aujourd’hui une véritable révolution dans la prise en charge des patients. Grâce à des techniques mini-invasives guidées par l’image, nous pouvons proposer des traitements moins agressifs, avec moins de complications, moins de douleurs et des récupérations plus rapides.
La radiologie interventionnelle concerne désormais de nombreuses spécialités et pathologies. Les JFR permettront de montrer concrètement comment ces techniques transforment les parcours de soins, mais aussi de réfléchir à leur diffusion sur l’ensemble du territoire.
« Le radiologue est devenu un acteur clé des décisions médicales. »
Cette discipline illustre parfaitement l’évolution actuelle de la radiologie : une spécialité innovante, thérapeutique, précise et souvent plus écoresponsable.
Vous souhaitez également mettre en lumière la place du radiologue dans les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP). Pourquoi ?
I. T.-N. / Le radiologue ne se limite plus à interpréter des images. Aujourd’hui, il participe pleinement aux décisions thérapeutiques et à la stratégie médicale.
Dans les RCP, l’imagerie aide à guider les traitements, évaluer leur efficacité et personnaliser les parcours de soins. L’imagerie devient de plus en plus prédictive et décisionnelle.
Il était important que les JFR valorisent cette évolution du métier et rappellent à quel point le radiologue est désormais un acteur majeur du parcours patient.
Les JFR 2026 feront également une large place à l’intelligence artificielle et au dépistage personnalisé. Comment voyez-vous cette évolution ?
I. T.-N. / Nous entrons dans une médecine de plus en plus personnalisée. Grâce à l’intelligence artificielle, aux données massives et à la génomique, il devient possible de mieux identifier les risques individuels et d’adapter les stratégies de dépistage à chaque patient.
La radiologie est au cœur de cette évolution, notamment dans le dépistage du cancer du sein ou du poumon. L’IA constitue un outil puissant pour aider à détecter certaines pathologies plus précocement et affiner l’évaluation du risque.
Mais il faut être clair : l’intelligence artificielle ne remplacera pas le radiologue. Elle doit au contraire renforcer notre expertise et nous permettre de consacrer davantage de temps aux situations complexes, à la décision médicale et à la relation humaine.
« L’écoresponsabilité doit faire partie de nos pratiques. »
L’écoresponsabilité sera également un axe fort des JFR 2026. Pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable ?
I. T.-N. / Parce qu’il n’est plus possible aujourd’hui de penser la médecine sans intégrer son impact environnemental. La SFR travaille depuis plusieurs années sur cette thématique, notamment autour de la réduction de l’empreinte carbone et de la sobriété numérique.
L’écoresponsabilité concerne l’ensemble des professionnels : optimisation des protocoles, réflexion sur les équipements ou encore pertinence des examens.
Aux JFR 2026, cette thématique sera présente de manière transversale dans tout le congrès.
Que souhaitez-vous que les participants retiennent de cette édition ?
I. T.-N. / J’aimerais qu’ils repartent avec le sentiment que la radiologie est une spécialité profondément innovante et humaine.
Nous avons voulu des JFR interactives et participatives, avec des démonstrations live, des échanges avec des patients, des décideurs publics et des experts internationaux.
Plus qu’un congrès scientifique, les JFR 2026 doivent être un lieu où l’on construit ensemble la radiologie de demain.
Un dernier mot avant les JFR ?
I. T.-N. / Cette alliance entre patients et radiologues est bien plus qu’un slogan. C’est une vision de la médecine que nous voulons porter collectivement.
Les JFR 2026 seront une occasion unique de rencontres, de débats et de partage avec toute la communauté radiologique francophone et internationale.
