Le 11 mai dernier a été lancé IMPULSION (IMplémentation du dépistage du cancer PULmonaire par Scanner en populatION), un programme national qui recrutera 20 000 participants. Son ambition est de démontrer qu’un dépistage organisé du cancer du poumon peut être déployé en France avec efficacité, sécurité et équité.
Un dépistage n’a de valeur qui s’il limite les faux positifs
L’efficacité repose avant tout sur l’adhésion des personnes les plus à risque – fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 74 ans – qui devront adhérer à un programme reposant sur un scanner initial, répété un an plus tard puis tous les deux ans. Un dépistage n’a de valeur que s’il limite les faux positifs, afin de ne pas exposer des personnes dont près de 98 % n’auront finalement pas de cancer à des investigations inutiles, voire associées à des complications. C’est pourquoi seuls des radiologues spécifiquement formés au dépistage participent au programme. Leur formation garantit le respect des protocoles de faible irradiation et une interprétation homogène des examens.
L’équité importe autant que la performance
Le succès du dépistage se mesurera également à sa capacité à atteindre toutes les personnes éligibles, notamment les plus précaires et les plus éloignées du système de soins, qui sont aussi les plus exposées au risque de cancer du poumon. L’équité constitue ainsi un objectif aussi important que la performance diagnostique.
« IMPULSION représente aussi une occasion unique de répondre à plusieurs questions majeures. »
Conduit dans le cadre exigeant d’une recherche impliquant la personne humaine, IMPULSION représente aussi une occasion unique de répondre à plusieurs questions majeures. Le programme évaluera la place de l’intelligence artificielle comme second lecteur des scanners de dépistage. Si ses performances sont confirmées, elle pourrait simplifier l’organisation du dépistage tout en maintenant un très haut niveau de sécurité diagnostique. L’étude ancillaire LUCIDE évaluera parallèlement la faisabilité d’un dépistage à ultra-basse dose, proche de celle d’une radiographie thoracique, afin de vérifier que les performances des radiologues et de l’IA sont préservées.
Le bon moment
Certains diront que la France a pris du retard. D’autres, dont je fais partie, considèrent que notre pays engage aujourd’hui ce dépistage au moment où les conditions sont réunies pour en optimiser la qualité : réduction des doses d’irradiation, intelligence artificielle, meilleure maîtrise du surdiagnostic et disponibilité d’un nombre suffisant de radiologues formés. C’est précisément ce qui en fait le bon moment.

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