Maladies neurodégénératives

« Je veux construire un modèle de l’évolution de la maladie. »

Stanley Durrleman, spécialiste de la modélisation mathématique des données en neuroimagerie, est chercheur de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM). Il travaille actuellement sur les maladies neurodégénératives.

Le 22/05/17 à 11:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 2 min.

Stanley Durrleman, spécialiste de la modélisation mathématique des données en neuroimagerie, veut créer un modèle des maladies neurodégénératives, pour prédire leur développement et les diagnostiquer plus tôt. © V. F.

Docteur Imago / En quoi consiste la modélisation mathématique des données en neuroimagerie ?

Stanley Durrleman / L’idée est de dire qu’une image n’est pas uniquement un ensemble de voxels, car cela ne permet pas de représenter un cerveau avec une organisation particulière. Nous voulons reconstruire une représentation virtuelle du cerveau, avec une base de données géométriques, qui rend compte de toute l’information que nous pouvons obtenir sur un sujet à un moment donné. Nous pouvons faire appel à l’imagerie de diffusion avec par exemple une mesure de l’anisotropie du faisceau ou la superposition avec une imagerie TEP, etc.

D. I. / Vous choisissez donc l’information que vous voulez mettre dans le modèle ?

S. D. / Oui. Nous sélectionnons en fonction de ce que nous avons et voulons. Nous créons une représentation du cerveau avec des données dont nous avons extrait des caractéristiques, des mesures spécifiques. Nous n’utilisons pas la donnée brute sortie de l’IRM ou TEP.

D. I. / À quoi cette modélisation sert-elle ?

S. D. / Je veux construire un modèle de l’évolution des maladies neurodégénératives. Nous observons le cerveau de nombreux patients à plusieurs périodes de leur vie, qui correspondent à un stade d’avancement de ces maladies. Nous comparons ensuite les reconstructions pour repérer les similitudes et les différences entre chaque individu. Puis, nous normalisons et recollons ces bouts d’histoire racontés par des personnes différentes, à la manière de séquences de film, pour connaître la grande histoire de la maladie à travers tous ses stades. Il nous faut faire une modélisation mathématique pour deviner ce qui s’est passé entre chaque observation.

D. I. / Quelles maladies étudiez-vous?

S. D. / Je travaille sur la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.

D. I. / Travaillez-vous sur des protocoles de recherche?

S. D. / Essentiellement. Mais nous voulons aussi utiliser des données en routine clinique. Travailler avec des protocoles de recherche permet d’avoir des examens plus complets, comme l’IRM de diffusion, l’IRM fonctionnelle, etc. Nous travaillons sur différentes modalités d’imagerie mais aussi des données cliniques, biologiques, génétiques.

D. I. / Et dans l’avenir?

S. D. / Nous voulons construire les modèles avec des données très riches et ensuite les personnaliser sur des données plus frustes, telles qu’on peut les avoir en routine clinique. Nous essayerons alors, pour un patient, de définir le stade de la maladie et de prédire quels symptômes vont se développer, de définir le type de maladie et de poser un diagnostic précis plus précocement.

Auteurs

Virginie Facquet

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

26 Juin

17:07

Le dépistage du cancer du poumon par scanner thoracique à faible dose est associé à une morbidité liée à l’examen très faible, indique un article du JACR. Certains facteurs sociodémographiques, notamment le statut marital, l’emploi et la couverture d’assurance, ainsi que l’appartenance à des populations défavorisées, peuvent augmenter la charge du dépistage et diminuer l'adhésion pour les populations cibles (étude).

12:59

Dans une étude évaluant des examens de scanner et TEP-TDM, trois logiciels d’IA commerciaux ont montré des performances comparables pour la détection des nodules pulmonaires cliniquement pertinents, malgré des différences importantes dans le nombre total de détections et de faux positifs.

7:44

Les réactions croisées d'hypersensibilité entre les produits de contraste iodés non ioniques dépendent principalement de la structure de leurs chaînes latérales, avec un risque particulièrement élevé au sein du groupe comprenant l’iohexol, l’iomeprol, l’ioversol et l’iodixanol, selon une étude présentée dans EJR. « Choisir une alternative issue d’un autre groupe structurel semble être une stratégie efficace pour atténuer la récidive dans des scénarios à haut risque », estiment les auteurs.
25 Juin

16:10

Chez des hommes à haut risque de cancer de la prostate mais dont l'IRM est non suspecte ou équivoque, le PET-CT au [68Ga]Ga-PSMA-11 a permis de détecter les cancers cliniquement significatifs avec une efficacité comparable à celle de la biopsie systématique, indique une étude publiée dans The Lancet Oncology.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR