Comportement hiérarchique

Une sensibilité cérébrale différente face aux individus supérieurs

Une étude du CNRS démontre par IRMf une activation plus intense de zones cérébrales lors de confrontation à des individus jugés supérieurs.

Le 07/06/17 à 15:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 2 min.

En haut, représentation du protocole au cours duquel les participants étaient invités à concourir face à trois individus dont les performances étaient manipulées de manière à induire une hiérarchie de dominance. Par la suite, les participants étaient exposés répétitivement aux visages de ces trois individus pendant que leur activité cérébrale était enregistrée. En bas à gauche, l'aire du DLPFC antérieur droit (en rouge) dont la réponse était significativement plus importante face aux individus supérieurs que face aux individus inférieurs. En bas à droite, amplitude de cette différence en fonction du score obtenu au questionnaire SDO qui mesure la propension à légitimer et à renforcer les hiérarchies de dominance sociale. © Geoff Wong. Wikipedia Commons (licence CC)

« La réponse du cortex préfrontal antérieur droit des individus les plus enclins à légitimer les hiérarchies de dominance sociale est exacerbée lorsque ces derniers sont exposés à des joueurs les ayant préalablement dominés au cours d’une tâche compétitive », annoncent les chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans une étude publiée dans Scientific Reports.

Induire une hiérarchie sociale

Les chercheurs ont posé l’hypothèse suivante : « La variabilité comportementale inexpliquée pourrait reposer sur une sensibilité cérébrale elle aussi variable vis-à-vis des situations de dominance ou de subordination sociale ». Afin de répondre à cette hypothèse, ils ont demandé à 28 hommes « d’effectuer une tâche de compétition contre trois autres individus dont les performances étaient en réalité contrôlées par un algorithme informatique de manière à induire progressivement une hiérarchie sociale composée d’un individu supérieur (66 % de victoires), d’un individu moyen (50 % de victoires) et d’un individu inférieur (33 % de victoires) ».

Une activation cérébrale plus intense en IRMf

Puis les visages des différents individus ont été présentés en dehors d’un contexte de compétition afin de mesurer en IRM fonctionnelle (IRMf) les réponses cérébrales associées à la dominance sociale. L’IRMf a montré une activation significativement plus intense de la partie postérieure du sulcus temporal supérieur et de la partie antérieure du cortex préfrontal dorsolatéral lors de la présentation d’un individu jugé supérieur. Un questionnaire pour tester l’orientation à la dominance sociale (SDO) a permis de mettre en avant une corrélation positive.

Une prédisposition aux comportements antisociaux

« Des analyses supplémentaires excluant plusieurs facteurs confondants (âge, niveau d’étude, symptômes dépressifs, autres traits de personnalité liée à la dominance sociale, etc.) ont montré que l’association était principalement causée par les réponses exacerbées de cette zone face aux individus supérieurs chez les participants ayant un haut SDO », indiquent les chercheurs. Les individus ayant une SDO élevée auraient, peut-être, une prédisposition aux comportements antisociaux ou discriminatoires, parfois violents. « Les recherches futures permettront de déterminer s’il existe un lien entre cette découverte et la représentation de la confiance dans nos décisions et jugements, qui dépend également de l’activité du cortex préfrontal dorsolatéral antérieur », concluent les chercheurs.

Auteurs

Virginie Facquet

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

24 Avr

17:31

Une étude publiée dans Scientific Reports a évalué la capacité de GPT-4o à standardiser les recommandations de suivi à partir de comptes rendus de radiologie, en les comparant à celles de radiologues humains sur 100 cas cliniques. Les résultats montrent que GPT-4o atteint une qualité globale comparable à un radiologue expérimenté et supérieure à un interne.

7:30

En 2024, les radiologues n’ont reçu que 0,76 % des financements de recherche de la part de l’industrie (90,4 millions de dollars), avec une forte concentration sur une minorité d’entre eux. La part de la radiologie dans le financement total a diminué entre 2019 et 2024 (de 1,34 % à 1,06 %), suggérant un soutien limité et en déclin (étude).
23 Avr

15:00

Les nouvelles recommandations du National Comprehensive Cancer Network® préconisent une évaluation des risques basée sur l'IA et d'utiliser des mammographies pour prédire le risque de cancer du sein à 5 ans chez une femme. L'un des changements les plus importants est d'étendre le dépistage des risques par mammographie à partir de 35 ans. (source)

12:57

Une étude signale que depuis le Covid-19 des retards de diagnostic après une mammographie de dépistage revenue anormale s'aggravant chaque année. Certains sous-groupes de femmes, comme celles au chômage ou âgées de 50 à 59 ans, présentent un risque accru de suivi retardé et persistant.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR