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Un agent de contraste IRM à base de protéine humaine pour détecter les tumeurs

Des équipes américaines et chinoises ont développé un nouveau produit de contraste IRM à base de protéine humaine pour cibler les tumeurs. Ce composé « facilement éliminé par l’organisme » pourrait être une alternative aux chélates de gadolinium.

Le 08/09/17 à 15:00, mise à jour hier à 14:29 Lecture 1 min.

Les nanoparticules Gd@TfNP pourraient être une alternative aux chélates de gadolinium utilisés dans les produits de contraste IRM. © C. F. Photo d'illustration

Peut-être une sérieuse alternative aux chélates de gadolinium pour les examens d’IRM. Des chercheurs de l’université du Massachusetts (États-Unis) et de la faculté de médecine de Tianjin (Chine) ont développé un agent de contraste à base de protéines humaines, capable de cibler les tumeurs. Ils ont fait paraître les résultats de leurs travaux au mois de juin dans la revue Nano Letters [1].

« Une stabilité chimique exceptionnelle »

Les scientifiques ont expérimenté leur création sur des souris. Ils ont utilisé la transferrine (Tf). Cette glycoprotéine endogène joue un rôle important dans la métabolisation du fer dans l’organisme. Ils ont ainsi formé des nanoparticules nommées gadolinium biomineralized human transferrin protein-based nanoparticles, ou Gd@TfNP. « Par rapport aux chélates de gadolinium utilisés en pratique courante, les Gd@TfNP ont deux avantages. Elles possèdent une stabilité chimique exceptionnelle et montrent une relaxation longitudinale supérieure », précisent-ils.

Détecter les tumeurs de façon précoce

Le produit possède la particularité de cibler les zones tumorales et d’être aisément éliminé par le système hépatobiliaire. « Il offre une nouvelle approche pour concevoir des agents de contraste multifonctionnels biocompatibles pour une large gamme d’applications cliniques », indiquent les chercheurs. Il pourrait notamment servir pour la détection précoce des tumeurs.

De futures applications théranostiques

Cette alternative aux chélates de gadolinium apparaît dans un contexte de polémique autour de certaines formules de ces agents de contraste, dont on retrouve des traces dans l’organisme. Grâce à cette découverte, les équipes sino-américaines espèrent développer des applications théranostiques. « Une telle technique pourrait être utile non seulement pour visualiser les thérapies tumorales, mais aussi pour optimiser la dose de traitement et évaluer les résultats cliniques », déclarent les auteurs.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Bibliographie

  1. Zhao Yang et coll., « Tumor-Targeted and Clearable Human Protein-Baser MRI Nanoprobes », Nano Lett., 2017, vol. 17, n° 7, p. 4096-4100. DOI : 1021/acs.nanolett.7b00828

Discussion

8 commentaires

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  1. Baptiste ChartierEnzo Thebault et tu as vu le prix de l'abonnement ?? c'est plus le même que manip info ^^
    Il y a 8 ans
  2. Enzo ThebaultEncore une fois article réservé aux abonnés alors que ça doit être une bombe ...! J'ai vue ce matin le début gratuit de l'article !
    Il y a 8 ans

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