Dépenses de santé

L’assurance maladie belge réclame 13 millions d’euros aux hôpitaux qui ont facturé des examens sur des IRM non agréées

L’INAMI, l’assurance maladie belge, demande à 14 hôpitaux de lui rendre les sommes versées pour des examens d’IRM réalisés sur des appareils non agréés et indûment facturés. La Société belge des radiologues s’insurge contre cette mesure qu’elle juge « injuste ».

Le 04/09/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 14:32 Lecture 1 min.

Selon le Service d’évaluation et de contrôle médicaux de l'INAMI, plus de 90 000 examens ont été réalisés sur des IRM non agréées dans 14 hôpitaux belges. © C. F. Photo d'illustration

Pour les établissements concernés, c’est un coup de massue. En Belgique, l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) demande à 14 hôpitaux de lui rendre 13 millions d’euros. Motif : ils lui ont facturé des examens d’IRM réalisés sur des appareils non agréés. « Parmi les 144 appareils IRM actifs, les hôpitaux en utilisaient 17 non agréés avec lesquels ils facturaient indûment, soit 12 % des appareils en Belgique », précise l’organisme dans un communiqué de presse.

Plus de 90 000 examens facturés indûment

En Belgique, en effet, l’installation des appareils d’imagerie lourde est planifiée et soumise à autorisation. L’INAMI rembourse uniquement les examens effectués sur des équipements inscrits sur un registre national et installés dans les règles. En juin 2016, l’élaboration d’un « cadastre » a permis de « découvrir » 17 IRM qui fonctionnaient sans agrément dans les hôpitaux. Leurs exploitants les ont mises hors service mais l’assurance maladie exige qu’ils rendent les remboursements versés pour 90 934 examens réalisés dans les 18 mois précédents. Montant total : 13 504 047 euros. Pour l’INAMI, ces mesures doivent empêcher « que certains hôpitaux s’approprient un avantage illicite au détriment des hôpitaux qui respectent bien la procédure d’agréation ». Le budget des soins de santé, « ne peut pas être hypothéqué suite à des facturations illicites », explique-t-elle.

La SBR crie à l’injustice

L’annonce a mis en émoi la Société belge des radiologues (SBR). Par voie de presse, elle dénonce comme « injuste » cette « mesure rétroactive » prise « sans concertation préalable ». « L’existence d’appareils non agréés était déjà connue depuis des années mais personne n’avait jamais rien entrepris », plaide-t-elle. Pour étayer sa ligne de défense, elle cite l’exemple de la médecine nucléaire. Cette discipline aurait bénéficié d’un traitement différent lorsqu’un problème similaire avait concerné les TEP. « Les appareils non agréés avaient été immédiatement agréés après la découverte du problème, ce qui n’est pas le cas pour les radiologues, déclare la SBR. Pourquoi les radiologues sont-ils traités bien plus durement que les médecins nucléaires ? »

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

2 commentaires

Commenter cet article

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

06 Fév

16:08

Des chercheurs ont développé et validé un modèle de deep learning entièrement automatisé pour détecter et mesurer les masses surrénaliennes sur des scanners abdominaux injectés. Le modèle a le potentiel d’améliorer les taux de détection des lésions et de faciliter leur prise en charge précoce, indique l'étude.

13:06

Une étude publiée dans Radiology montre que le compte rendu structuré améliore l’efficacité des radiologues en réduisant le temps de rédaction et en recentrant l’attention visuelle sur l’image, par rapport au texte libre. L’ajout de l’intelligence artificielle augmente la précision diagnostique.

7:30

Une étude rétrospective montre que le score Node-RADS basé sur l’IRM offre une excellente précision diagnostique pour la détection des métastases ganglionnaires chez les patients atteints de cancer du rectum, avec une performance supérieure aux critères de taille et aux comptes rendus IRM classiques.
05 Fév

16:36

Le centre hospitalier Agen-Nérac (47) a mis en service le 26 janvier 2026 une nouvelle salle de radiologie numérisée sur son site de Nérac. D’un montant de 185 000 €, cet investissement améliore la qualité des diagnostics tout en réduisant l’exposition aux rayons, informe actu.fr.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR