Pierre-Jean Ternamian

« On a toujours une bataille de retard du fait de l’incurie des décideurs »

Radiologue libéral à Lyon, Pierre-Jean Ternamian est vice-président de la FNMR et président de l’URPS Auvergne-Rhône-Alpes. Au contact du terrain et des institutions, il fait le bilan de la gestion de la crise de la Covid-19 et livre un témoignage sans fard sur la situation sanitaire. Entretien réalisé le 4 novembre 2020.

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Le 16/11/20 à 8:00, mise à jour hier à 15:06 Lecture 8 min.

« En Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), il manque plus de 280 cancers du sein par rapport à la même période en 2019 », souligne Pierre-Jean Ternamian pour illustrer le retard qu’a pris le dépistage pendant le premier confinement. © Lucas Grenier

Docteur Imago / Avec le recul, quel constat faites-vous de la gestion de la première vague épidémique ?

Pierre-Jean Ternamian / Mon premier constat, c’est celui de l’absence d’équipements de protection au début de la vague. Ça a été une course-poursuite pour avoir les masques, les panneaux en plexiglas, les surblouses, les gants… Là, il y a eu une faillite totale de l’État français. Au départ, j’ai fonctionné avec les masques du stock Bachelot. Pendant la période de déconfinement, indépendamment de la dotation de l’État, j’ai demandé à mes gestionnaires de se procurer sur le marché des moyens de protection supplémentaires. J’étais persuadé que nous aurions une deuxième vague et les faits m’ont donné raison.

D. I. / Quels ont été les effets de la crise sur l’activité de vos cabinets ?

P.-J. T. / Au global, notre activité a baissé de plus de 30 %. En IRM, nous avons fermé une machine sur deux. Sur le scanner, nous avons été contraints par le protocole sanitaire. Au lieu de passer cinq malad

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Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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