Étudiants

La FNMR et le CERF pas convaincus par la régionalisation du numerus clausus

Un arrêté du 10 janvier augmente de 6 % le nombre d’étudiants qui seront admis en deuxième année de médecine. Une hausse répartie de manière à favoriser les zones en manque de praticiens. Plusieurs représentants de la profession sont sceptiques.

Le 08/02/17 à 8:00, mise à jour aujourd'hui à 14:29 Lecture 2 min.

Les places disponibles en deuxième année de médecine augmentent davantage dans les régions les moins bien pourvues en praticiens. Par Dr.Farouk [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons

8 124 étudiants seront admis en deuxième année de médecine à la fin de l’année universitaire 2016-2017, prévoit un arrêté 1 du 10 janvier 2017. Une augmentation de « 478 places, comme annoncé par la ministre en novembre 2016, soit une hausse de 6 %… », indique un communiqué de presse du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Nouveauté introduite en 2016 : cette révision du numerus clausus est régionalisée, avec l’objectif de compenser la désertification médicale. Il grimpe ainsi de 11 % dans les régions déficitaires en médecins et de 27 % entre 2015 et 2017 dans les régions à la démographie médicale particulièrement faible, comme les Antilles et la Guyane. 131 places supplémentaires sont créées dans les 10 territoires les plus sinistrés.

Pas de résultats avant 10 ans

Pour l’instant, il n’est pas possible d’évaluer l’impact de cette mesure sur la pénurie de radiologues. « La répartition des internes selon les spécialités sera décidée par le ministère de la santé en 2022 », explique Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), qui souligne en outre que les premiers effets ne se feront pas sentir avant 2027, le temps pour les médecins de terminer leurs études. 266 internes seront formés en radiodiagnostic et imagerie médicale pour l’année scolaire 2017-2018, selon un arrêté du 26 décembre 2016. Un nombre identique à celui de l’année précédente.

Les médecins peuvent s’installer où ils veulent

« Nous pouvons penser qu’il y aura une augmentation du nombre de postes en spécialité, notamment dans les régions les moins peuplées, estime pour sa part Louis Boyer, président du Collège des enseignants de radiologie de France (CERF). « Cependant, tempère-t-il, il ne faut pas oublier qu’une fois que les spécialistes ont fini leur formation, ils peuvent s’installer où ils veulent. » La liberté d’installation est en effet un droit pour les médecins et le fait de suivre son internat dans une ville ou région de France n’impose pas l’installation dans cette ville ou région.

« La répartition par région est un leurre »

Ce constat fait dire à Jean-Philippe Mason que « la répartition par région est un leurre. » « Les énarques se raccrochent au fait que, lorsqu’une personne a fait toutes ses études dans une ville, elle a tendance à rester dans la région. Mais avec les épreuves classantes, un étudiant parisien peut être interne à Montpellier et ensuite s’installer où il veut. Avant, l’internat avait lieu dans les régions d’études et nous avions de grande chance d’exercer dans la ville où nous avions été formés. Ce n’est plus le cas maintenant », conclut-il.

Notes

Arrêté du 10 janvier 2017 fixant le nombre d'étudiants de première année commune aux études de santé autorisés à poursuivre leurs études en médecine à la suite des épreuves terminales de l'année universitaire 2016-2017 et le nombre d'étudiants pouvant être admis directement en deuxième année de ces études à la rentrée universitaire 2017-2018 en application de l'article 9 du décret n° 2014-189 du 20 février 2014 tendant à l'expérimentation de modalités particulières d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques.

Auteurs

Virginie Facquet

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