Congrès de la RSNA

L’apprentissage musical développe de nouvelles connexions cérébrales chez les enfants

Une étude présentée en novembre au congrès de la (RSNA) met en exergue les effets de l’apprentissage musical sur le développement du cerveau des enfants, en particulier sur les zones associées à l’autisme et aux déficits de l’attention. Les chercheurs y voient une piste vers la mise au point de stratégies ciblées pour le traitement de ces troubles.

Le 09/01/17 à 12:00, mise à jour le 29/10/26 à 14:16 Lecture 1 min.

L’apprentissage de la musique développe les connexions dans la matière blanche du cerveau (photo d’illustration). CC0 pixabay.com

Grâce à l’IRM, des chercheurs mexicains pourraient avoir découvert la preuve concrète que l’apprentissage de la musique crée de nouvelles connexions dans le cerveau des enfants. Comme ils l’ont expliqué le 30 novembre pendant le congrès de la société nord-américaine de radiologie (RSNA), Pilar Dies-Suarez, radiologue à l’Hôpital pédiatrique Federico Gómez de Mexico et ses confrères, ont mené leur étude sur 15 enfants âgés de 5 à 6 ans. Tous étaient droitiers et aucun ne présentait d’antécédents de troubles neurologiques, perceptifs ou sensoriels, ni n’avait reçu d’éducation artistique avant l’étude.

Les fibres nerveuses s’allongent dans le forceps mineur

Durant neuf mois, ces enfants ont appris la musique à l’aide de tubes à sons. Les chercheurs ont scruté leur cerveau en utilisant l’imagerie du tenseur de diffusion, qui permet d’observer la position, l’orientation et l’anisotropie des structures fibreuses de la substance blanche du cerveau. Les résultats montrent que les fibres nerveuses, les axones, s’allongent et que la fraction d’anisotropie augmente dans plusieurs zones, en particulier le forceps mineur. « Quand un enfant reçoit un apprentissage musical, on lui demande de réaliser certaines tâches, explique Pilar Dies-Suarez. Ces tâches impliquent l’audition, le mouvement, la cognition, l’émotion et les compétences sociales, ce qui activerait différentes régions du cerveau et impliquerait la nécessité de créer plus de connexions entre les deux hémisphères. »

D. R.

Observation des axones du forceps majeur avant (en haut) et après l’apprentissage musical. D. R.

Mieux comprendre les mécanismes de certains troubles

Des études antérieures ont lié l’autisme et le déficit de l’attention avec des diminutions des connexions fibreuses dans le forceps mineur. « Cela suggère que la faible connectivité dans le cortex frontal, une région du cerveau impliquée dans des processus cognitifs complexes, est un biomarqueur de ces troubles », indique l’étude. « On sait que l’enseignement musical est bénéfique pour les enfants souffrant de ces troubles, remarque Pilar Dies-Suarez. Cette étude nous a permis de mieux comprendre les changements du cerveau et où ces nouvelles connexions se produisent. » Et peut-être de mettre au point des stratégies de traitement.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

06 Nov

15:30

13:00

Un cadre d'ensemble intégrant l'évaluation volumétrique des unités Housfield, des caractéristiques radiomiques et des réseaux de neurones convolutifs a montré des performances « prometteuses » pour estimer la densité minérale osseuse des vertèbres sur des images scanner de la jonction thoracolombaire (étude).

12:26

Une étude italienne basée sur l'analyse de près de 3000 évaluations montre que les patientes préféreraient les comptes rendus d'examens d'imagerie mammaire simplifiés par l'IA, plutôt que simplifiés manuellement par les radiologues.
05 Nov

15:30

L'hydrocéphalie spatiale sous-arachnoïdienne (DESH) incomplète serait plus fréquente que la DESH complète chez les sujets âgés. La diminution des espaces sous-arachnoïdiens de la convexité (THC) serait associée à un risque accru de déclin cognitif à 5 ou 7 ans. (étude)
✕
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR