Corinne Balleyguier

« L’imagerie occupe une place fondamentale en cancérologie »

Dans son rapport annuel sur les cancers en France, l'Institut national du cancer (INCa) constate que le taux de mortalité diminue régulièrement depuis 1980. Face à cette maladie, l'imagerie médicale s'est imposée comme un outil incontournable. Corinne Balleyguier, radiologue au centre Gustave-Roussy (94) revient sur l'apport des différentes modalités et les pistes explorées par la recherche.

Le 09/08/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 15:22 Lecture 2 min.

Corinne Balleyguier, radiologue au centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy, définit l'imagerie comme un outil essentiel pour la prise en charge des patients en cancérologie. © Gustave-Roussy

Docteur Imago / Quelle est la place de l’imagerie médicale en cancérologie ?

Corinne Balleyguier / Elle est fondamentale, du dépistage à l’évaluation des traitements, jusqu’à la recherche de récidive. On détecte des lésions de plus en plus petites, de plus en plus complexes, souvent multiples. Nous avons besoin de techniques de pointe qui sont en constante évolution. Tout patient avec un diagnostic ou une suspicion de cancer passera de multiples examens d’imagerie pendant son traitement et son suivi.

D. I. / Quelles sont les modalités essentielles dans la prise en charge des patients ?

C. B. / En premier lieu, le scanner permet d’évaluer la réponse aux traitements de chimiothérapie ou d’immunothérapie dans majorité des cas. L’IRM est également utilisée dans un grand nombre d’indications, souvent plus pour le diagnostic et la caractérisation tumorale que pour le suivi. Ses avantages sont son excellent contraste, les possibilités d’acquisition selon des plans multiples et l’acquisition de signaux différents qui peuvent faciliter le diagnostic. L’IRM de diffusion, en particulier, est très intéressante aujourd’hui pour la caractérisation des lésions hépatiques ou l’analyse des tumeurs neuroendocrines avec des lésions multiples abdominales. La mammographie reste le meilleur examen pour le dépistage du cancer du sein. L’échographie est aussi un examen diagnostique intéressant mais complémentaire, alors que l’IRM du sein a des indications assez précises aujourd’hui comme le dépistage des femmes à très haut risque de cancer du sein, les impasses diagnostiques, l’évaluation de la réponse à la chimiothérapie néo-adjuvante, le bilan d’extension dans certaines indications, etc.

D. I. / Et la TEP-TDM ?

C. B. / La TEP-TDM est très utile dans le bilan d’extension et la surveillance des cancers, en particulier dans la prise en charge des lymphomes. Elle est aussi employée en complément du scanner ou de l’IRM pour la recherche des récidives, en particulier en cas d’élévation des marqueurs tumoraux. Enfin, d’autres techniques comme l’échographie de contraste peuvent être utiles pour la caractérisation, notamment de lésions hépatiques.

D. I. / Quels sont les axes de recherche pour l’imagerie médicale en cancérologie ?

C. B. / Il y a le développement de la médecine personnalisée pour adapter les examens en fonction du profil de risque du patient et du type de cancer. On peut imaginer faire un dépistage plus poussé en présence de facteurs de risque et alléger la surveillance dans le cas contraire. On s’oriente également vers la détection de lésions de plus en plus petites et plus précoces, avec des coupes plus fines, des IRM à plus haut champ, notamment pour la pathologie cérébrale. Un autre axe de recherche se concentre sur l’exploration de la biologie tumorale, avec des biomarqueurs comme la texture, la perfusion, la diffusion, etc.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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