Élastographie virtuelle

« L’IRM de diffusion fournit une image bien plus précise de l’élasticité du tissu »

Des chercheurs du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de l’université de Yamanashi, au Japon, ont mis au point une technique innovante pour caractériser les lésions des tissus : l’élastographie virtuelle par IRM de diffusion. Cette alternative à l’IRM conventionnelle offrirait une meilleure qualité d’image, selon Denis Le Bihan, chercheur au CEA.

Le 21/09/17 à 15:00, mise à jour hier à 15:16 Lecture 1 min.

"L'élastographie virtuelle par IRMd permet d’estimer le coefficient d’élasticité des tissus à partir du coefficient de diffusion de l’eau, sans utilisation de vibrations mécaniques", explique le chercheur Denis Le Bihan. © Patrick Dumas / IRT / CEA

Docteur Imago / Votre technique d’élastographie virtuelle emploie l’IRM de diffusion en remplacement de l’IRM conventionnelle. Pourquoi cette alternative ?

Denis Le Bihan / L’élastographie par IRM conventionnelle coûte cher et la qualité des images obtenues n’est pas excellence. La résolution spatiale est souvent assez grossière. L’IRM de diffusion sert à mesurer le mouvement des molécules d’eau. Elle permet donc d’estimer le coefficient d’élasticité des tissus à partir du coefficient de diffusion de l’eau, sans utiliser des vibrations mécaniques.

D. I. / Quels sont ses avantages ?

D. L. B. / Avec cette nouvelle méthode, on fait les images de diffusion de l’organe que l’on veut (foie, sein, prostate, etc.) sans aucune vibration. On obtient une image de l’élasticité du tissu avec une bien meilleure précision, et potentiellement des images de meilleure qualité. C’est un outil de plus dans notre panoplie pour détecter des lésions, et surtout pour quantifier. Par exemple, pour la fibrose du foie, on obtient directement le degré de fibrose. On fait l’IRM de diffusion, ensuite l’élastographie virtuelle et on a cette information directement. L’autre avantage de cette méthode est qu’elle permet aussi de faire des images synthétiques pour reproduire ce que feraient des vibrations mécaniques. On peut ainsi simuler en couleurs quel serait l’aspect de l’image obtenue par l’élastographie s’il y avait une véritable vibration qui traversait le foie, et ce pour n’importe quelle fréquence car c’est virtuel. Et là, on voit apparaître des différentiations au sein des tumeurs. 

D. I. / Cette technique pourrait-elle bientôt être utilisée en clinique ?

D. L. B. / La technique fonctionne. Maintenant, il faut confirmer sur des cohortes de patients plus importantes. En clinique, aujourd’hui tous les systèmes d’IRM ont l’imagerie de diffusion. Il n’y a donc rien de plus à faire. Il suffit d’implémenter le traitement des données.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

2 commentaires

Commenter cet article

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

10 Sep

7:30

À Toulouse, le Groupe RX étend son centre d’imagerie médicale à la clinique Pasteur avec 600 m² supplémentaires et de nouveaux équipements de dernière génération. Ce projet sera inauguré le 17 septembre, annonce le Groupe Vidi.
09 Sep

17:29

Selon une étude publiée dans la revue Neuroradiology, il existe des corrélations distinctes entre les caractéristiques des grosses artères, de la plaque et de la maladie des petits vaisseaux cérébraux chez les patients victimes d'un AVC ischémique aigu par rapport à ceux victimes d'une attaque ischémique transitoire. La prise en compte de ces marqueurs d'imagerie améliorerait l'identification d'un AVC ischémique aigu chez les patients atteints d'une athérosclérose intracrânienne.

14:27

Le modèle multitâche de réseau neuronal ST-USNet permettrait d'aider les radiologues à classer les masses superficielles de tissus mous en oncologie clinique, sous réserve d'une mise à jour continue des données. (Etude)

7:25

Dans une étude pré-clinique, des chercheurs chinois suggèrent que la micro-TEP couplée au scanner multi-traceurs pourraient permettre de suivre la progression de la neuropathie autonome cardiaque diabétique (NACD), offrant ainsi aux radiologues une fenêtre précoce et non invasive pour diagnostiquer et suivre l'évolution de la maladie.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR