Étude

L’IRM montre qu’une consommation modérée d’alcool a des effets néfastes sur le cerveau

Les personnes qui boivent entre 14 et 21 verres par semaine ont trois fois plus de risques que les abstinents d’être victimes d’une atrophie de l’hippocampe, indique une étude britannique.

Le 21/08/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 1 min.

Les personnes qui boivent entre 14 et 21 verres d'alcool par semaine présentent trois fois plus de risques d’atrophie de l’hippocampe que les abstinents. CC0 domaine public sur pixabay.com

« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé », préviennent les bouteilles et les publicités pour boissons alcoolisées. Un récent avis d’experts recommande aux consommateurs de s’en tenir à un maximum de 10 verres par semaine, sans dépasser 2 verres par jour 1 pour éviter les risques. Pourtant, selon une étude parue en juin dans BMJ [1], les buveurs modérés ne sont pas à l’abri des effets néfastes que peut avoir l’alcool sur le cerveau.

550 adultes suivis sur 30 ans

Les chercheurs de l’Université d’Oxford et de l’University College de Londres, ont suivi une cohorte de 550 hommes et femmes adultes de 1985 à 2015. Aucun de ces patients n’était dépendant à l’alcool. Pendant ces 30 années, ils ont noté leur consommation hebdomadaire et réalisé des tests cognitifs réguliers. De 2012 à 2015, ils leur ont fait passer des examens d’IRM cérébrale. L’IRM a servi entre autres à évaluer l’atrophie de leur hippocampe, la densité de leur substance grise et la microstructure de la substance blanche.

Une atrophie de l’hippocampe chez les gros buveurs…

En toute logique, les gros buveurs ont présenté les altérations les plus importantes. Ceux qui consommaient plus de 30 unités d’alcool par semaine risquaient une atrophie de l’hippocampe de manière proportionnelle à leur consommation. Les chercheurs ont également remarqué des différences dans la microstructure du corps calleux et un déclin plus rapide de la fluidité lexicale.

…mais aussi chez les consommateurs raisonnables

Ceux qui buvaient plus modérément, entre 14 et 21 unités hebdomadaires, étaient certes moins exposés. Ils présentaient tout de même trois fois plus de risques d’atrophie de l’hippocampe que les abstinents. Les chercheurs constatent par ailleurs qu’une consommation légère, soit entre un et 7 verres par semaine, n’a aucun effet protecteur. Pour les chercheurs, ces résultats confirment le bien-fondé de la récente réduction de la consommation d’alcool au Royaume-Uni.

Notes

1. Avis d’experts rendu en mai 2017, suite à la saisine de Santé publique France et de l’Institut national du cancer (INCa) par la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et la Direction Générale de la Santé du Ministère de la Santé (DGS), le 21 juin 2016.

Auteurs

Jérome Hoff

Rédacteur en chef adjoint BOM Presse Clichy

Voir la fiche de l’auteur

Bibliographie

  1. Topiwala A. et coll. « Moderate alcohol consumption as risk factor for adverse brain outcomes and cognitive decline : longitudinal cohort study », BMJ, 2017, vol. 357. DOI : https://doi.org/10.1136/bmj.j2353.

Discussion

Commenter cet article

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

17 Juil

16:00

Des chercheurs nord-américains ont adapté un modèle d'apprentissage profond pour la segmentation de la composition corporelle (muscle, os, graisse) à partir des images scanner volumétriques allant des vertèbres L2 à L4. La méthode s'est montrée plus précise que la technique standard, basée sur une seule coupe axiale en L3, se félicitent-ils dans EJR.

13:30

La TEP-TDM au meta-[18F] fluorobenzylguanidine ([18F]-mFBG) pourrait constituer une alternative plus efficace à la TEMP-TDM au [123I]-metaiodobenzylguanidine (MIBG) pour la stadification et l'évaluation de la réponse tumorale des neuroblastomes, conclut une étude présentée dans Pediatric Radiology.

7:42

GE Healthcare et la Mayo Clinic à Rochester (Minnesota) annoncent leur coopération autour d'un essai sur le traitement du cancer de la prostate par radioligands. L'étude MI-BET évaluera si l'utilisation de marqueurs biologiques et d'imagerie permet de mieux personnaliser les traitements, par exemple en espaçant les séances.
16 Juil

16:59

Une étude rétrospective compare les biopsies mammaires guidées par tomosynthèse et par échographie pour les lésions mammaires non calcifiées, en évaluant leurs caractéristiques et leurs performances diagnostiques. Les résultats montrent que l'échographie présente une meilleure valeur prédictive positive et que la tomosynthèse reste une alternative pertinente lorsque la lésion n'a pas de corrélat échographique définitif.

13:46

En angioscanner de la tête et du cou, associer une technologie de reconstruction d'image par apprentissage profond à une acquisition de basse énergie (80 kVp) permet de diminuer les doses de radiation (-36 %) et de produit de contraste (-26%) en améliorant la qualité d'image par rapport au protocole standard (100 kVp et reconstruction itérative), conclut un article dans EJR.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR