Radioprotection

La ronde des dosimètres

Le 21 mars, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a inauguré son nouveau laboratoire de dosimétrie en région parisienne. Le site doit recevoir, analyser et préparer les dosimètres de 169 000 travailleurs. Nous avons suivi le processus.

Le 16/05/17 à 15:35, mise à jour aujourd'hui à 15:19 Lecture 3 min.

Dans son nouveau laboratoire de dosimétrie à Croissy-sur-Seine (78), l'IRSN peut conduire 10 000 à 15 000 analyses par an. © J. H.

Si votre dosimètre est estampillé IRSN, il est à coup sûr passé par ici. Le 21 mars dernier, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a inauguré son nouveau laboratoire de dosimétrie à Croissy-sur-Seine (78), en banlieue parisienne. À cette occasion, il a invité ses clients et la presse à suivre le cycle de prise en charge des dosimètres passifs radiophotoluminescents 1.

Le laboratoire suit la dosimétrie de 169 000 travailleurs

Tout commence dans la salle de réception. C’est là qu’arrivent les colis qu’envoient les clients tous les mois ou les trois mois selon les modèles. Des techniciens les ouvrent et les placent à la main dans des barquettes. Chacune en contient une cinquantaine. Le site prépare et analyse des dosimètres d’ambiance, d’environnement et individuels pour tous les secteurs d’activité. Selon les chiffres fournis par l’IRSN, il traite les dosimètres poitrine, extrémités et cristallin de 169 000 travailleurs. Au total, il réalise 1 250 000 analyses par an, soit, en moyenne 10 000 à 15 000 par jour.

© J. H.

Dans la salle de réception, des techniciens les ouvrent et les placent à la main dans des barquettes. © J. H.

Du désassemblage à l’étuve

Direction le désassemblage. Les employés de l’IRSN défilment les dosimètres et les insèrent dans une première machine. Cette dernière extrait automatiquement de leurs boîtiers les détecteurs en verre dopés à l’argent.

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Une machine extrait automatiquement de leurs boîtiers les détecteurs en verre dopés à l’argent. © J. H.

Une fois collectés, les verres sont placés dans une étuve. Elle sert à stabiliser le signal et à éliminer les impuretés avant la lecture.

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Les détecteurs sont chauffés dans une étuve pour stabiliser le signal. © J. H.

Dix lectures pour chaque dosimètre

C’est le moment de la lecture. Les dispositifs passent dans des machines qui analysent la dose. Les dosimètres radiophotoluminescents (RPL) peuvent être lus plusieurs fois. Les électrons reprennent en effet leur état antérieur dès que cesse l’exposition aux ultraviolets. Grâce à cette caractéristique, chaque dosimètre est lu dix fois. Là encore, le processus est automatique. En cas d’anomalie, par exemple si les machines relèvent une dose supérieure à la limite, un technicien place le dosimètre dans un imageur qui fournit une image précise de la dose et de ses variations dans le temps.

© J. H.

Chaque détecteur est analysé dix fois. © J. H.

Remise à zéro

Les verres passent ensuite dans des fours, qui les chauffent à 360 °C pendant 4 heures. Cette opération redonne aux électrons leur position initiale, ce qui permet de réutiliser les dispositifs. Il peut rester un signal résiduel. Chaque verre est donc relu, puis la dose résiduelle lui est associée en vue de la prochaine lecture. Un verre peut être recyclé sans limite.

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Les verres passent au four à 360 °C pendant 4 heures. La cuisson les remet à zéro et permet de les réutiliser. © J. H.

Puis les verres repassent dans la même machine qu’à leur arrivée. Elle reconstitue de nouveaux dosimètres, qu’une autre machine filme et étiquette pour l’expédition. La dernière salle est celle de la logistique, où des employés s’assurent que les bons colis partiront au bon endroit.

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À l'espace logistique, des employés conditionnent et affranchissent les dosimètres. © J. H.

Notes

1. Le laboratoire de l’IRSN fabrique et analyse également des dosimètres utilisant les techniques de la thermoluminescence et de la détection solide des traces nucléaires.

Auteurs

Jérome Hoff

Rédacteur en chef adjoint BOM Presse Clichy

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