Communication des résultats

« Les sociétés savantes cherchent un consensus autour du compte rendu structuré »

Le compte rendu structuré permet au radiologue de transmettre de manière standard et reproductible les résultats de ses examens. Pour Nadya Pyatigorskaya, neuroradiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), il est appelé à se développer, sous certaines conditions.

Le 06/04/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 2 min.

« Nous cherchons à instaurer un langage commun à tous les PACS pour les comptes rendus », explique Nadya Pyatigorskaya, neuroradiologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) © C. F.

Docteur Imago / Qu’est-ce que le compte rendu structuré et à quels critères doit-il répondre ?

Nadya Pyatigorskaya / Il y a plusieurs types de comptes rendus structurés. Le premier est le compte rendu simple, avec une structure globale et un ordre classique : indication, technique, résultats et conclusion. Ensuite, il y a des comptes rendus dont la structure est toujours la même pour chaque indication. Ils reprennent à chaque fois le même schéma de description de pathologie ou de condition normale. Enfin, il y a le compte rendu modulaire, avec des modules types prédéfinis. Les résultats peuvent être indiqués selon le type de pathologie ou de normalité décrit.

D. I. / Comment s’est développé le compte rendu structuré ?

N. P. / Initialement, c’était une idée de la Société nord-américaine de radiologie (RSNA). Elle a créé à partir de 2008 un registre de compte rendu structuré, plutôt par organe. Depuis 2013, l’initiative a été a été élargie pour devenir vraiment internationale. Les sociétés européenne et américaine de radiologie partagent la volonté de trouver un consensus avec les différentes sociétés nationales et les sociétés d’organes pour définir les critères de qualité des comptes rendus et établir un registre global.

D. I. / Quels sont ses avantages en radiologie ?

N. P. / Pour les radiologues, le compte rendu structuré permet d’avoir toujours un même schéma pour leurs examens. Les cliniciens l’apprécient car ils peuvent plus facilement s’y retrouver par rapport à un texte libre. Ils savent où aller chercher les informations. Nous essayons en outre d’introduire un langage standardisé, avec un nombre de mots assez limité pour chaque pathologie. Utiliser les mêmes termes facilite la communication entre les radiologues et les cliniciens et la compréhension des comptes rendus. L’autre avantage du compte rendu structuré, c’est l’aide au diagnostic et le big data. Des mots clés peuvent être extraits et intégrés directement dans un compte rendu de clinicien ou dans un système d’aide au diagnostic.

D. I. / Le compte rendu structuré va-t-il se diffuser dans les prochaines années ?

N. P. / Il se développe beaucoup. Le problème, est que les PACS ont des systèmes de dictée intégrée et que chacun a son propre système de compte rendu. Ce que nous voudrions, c’est un langage commun, le RadLex. Notre but est d’aller vers les fournisseurs de PACS et de monter des projets avec eux pour pouvoir utiliser ce langage commun et faire des comptes rendus universels.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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