Imagerie cérébrale

Prise en charge de l’AVC : des progrès mais encore beaucoup d’inégalités

L’IRDES vient de publier un bilan du Plan d’actions national AVC 2010-2014. Malgré des chiffres qui évoluent dans le bon sens, le rapport révèle que tous les patients "ne bénéficient pas du même accès à l’imagerie diagnostique ou à une UNV".

Le 10/08/18 à 11:00, mise à jour aujourd'hui à 15:16 Lecture 2 min.

L’IRDES constate que la part de patients ayant eu une IRM cérébrale « a progressé de 11 points entre 2010 et 2014, passant de 29 % à 40 % ». © Benjamin Bassereau - photo d'illustration

L’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) a publié les résultats du Plan d’actions national AVC 2010-2014, un dispositif lancé dans l’objectif « d’améliorer le parcours de soins des patients lors de la phase aiguë par l’accès facilité à l’imagerie diagnostique (IRM et scanner) et le développement d’unités hospitalières spécialisées, les Unités neurovasculaires (UNV), au sein des établissements de santé ».

Une augmentation de 60% des UNV

En termes de développement des UNV, le pari a été tenu puisque entre 2009 et 2014 leur nombre est passé de 80 à 135, « soit une augmentation de 60 % et un déploiement sur l’ensemble du territoire », indique l’IRDES. « Entre 2010 et 2014, la part de patients pris en charge dans une UNV a progressé de 15 points, passant de 28 % en 2010 à 43 % en 2014, soit +4 points par an, et la quasi-totalité (96,5 %) dès leur admission », précise le rapport.

Une majorité d’AVC ischémiques

En analysant les chiffres de 2012, l’IRDES dénombre près de 134 000 patients hospitalisés pour primo-AVC, dont près de 99 000 présentait un AVC constitué. 67% d’entre eux étaient des AVC ischémiques (66 269 cas) et 26% des AVC hémorragiques (25 494 cas). L’âge moyen de la survenue des AVC était de 73 ans (70 ans chez les hommes contre 76 ans chez les femmes).

Inégalité territoriales et pertes de chances

Selon les chiffres de 2012, 78 % de la population pouvait accéder à une UNV en 45 minutes ou moins, dont 59 % en 30 minutes ou moins, et 30 % en 15 minutes ou moins. L’IRDES note cependant que 2 % de la population se situait à plus d’une heure trente d’une UNV : « Cela concerne près d’un million de personnes et représente plus de 1 900 cas d’AVC constitués et près de 700 cas d’AIT potentiels qui auront subi des pertes de chances ». Les zones géographiques les moins bien dotées sont la Corse et les territoires montagneux (Hautes-Alpes, Cantal, Lozère). « Ceci souligne l’utilité de la télémédecine via la filière neurovasculaire pour un diagnostic précis », note l’IRDES.

Un tiers des patients ont passé une IRM

En ce qui concerne les examens d’imagerie médicale, les données du PMSI (Programme de médicalisation du système d’information), récoltées entre 2010 et 2014, montrent qu’au cours d’un primo-épisode d’AVC, 51 % des patients ont passé un scanner seul, 26 % une IRM et un scanner, 8 % une IRM seule et 15 % aucun examen d’imagerie. « Au total, 34 % des victimes d’un AVC constitué ont eu une IRM, les hommes plus fréquemment que les femmes (38 % contre 30 %) », précise le document.

L’IRDES constate que la part de patients ayant eu une IRM cérébrale « a progressé de 11 points entre 2010 et 2014, passant de 29 % à 40 % ».

De fortes disparités régionales

Enfin, le rapport souligne que les zones non dotées en UNV ne disposent pas toutes d’un plateau d’imagerie adapté. En fonction des départements, le recours à l’IRM pouvait varier de 4 % à 59 %, « ces variations pouvant être liées à des problèmes de sous-codage », indique l’IRDES. « Dans les DROM, les patients hospitalisés pour un AVC constitué en Martinique et pour lesquels une IRM est renseignée représentent 59 % des cas, contre 4 % en Guadeloupe. En métropole, avec des taux avoisinant les 60 %, le Doubs et le Nord apparaissent comme les départements les plus performants, contrairement au Puy-de-Dôme, à la Savoie, aux Deux-Sèvres, au Jura et au Finistère où ce taux est inférieur à 10 % », détaille le rapport.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

25 Sep

16:00

Une revue publiée dans Neuroradiology offre un aperçu global des bénéfices cliniques et des limites opérationnelles de la téléradiologie. Selon les chercheurs, celle-ci améliore l’accès à l’expertise, la rapidité des diagnostics et la continuité des soins. Cependant, son développement reste limité par les problèmes de connectivité, d’interopérabilité, de sécurité des données et de réglementation.

13:00

Dans une revue de la littérature, des chercheurs australiens mettent en évidence des obstacles à l’inclusion des personnes LGBTQ+ en imagerie médicale, notamment les systèmes binaires, le mégenrage et le manque de formation, et souligne la nécessité de développer et d’évaluer des pratiques, des outils et des communications plus inclusifs.

7:45

Un algorithme testé par une équipe de chercheurs danois a démontré une bonne précision pour la détection de fractures d'extrémités en situation d'urgence. Cependant, la valeur prédictive positive inférieure par rapport aux comptes rendus de radiologie et l'apparition de faux positifs soutiennent son utilisation comme aide à la décision plutôt que pour le diagnostic autonome. (Étude)

24 Sep

17:30

Dans une étude présentée dans JACR, les répétitions d'examens IRM cérébrales liées aux mouvements des patients ont généralement permis d'améliorer la qualité de l'image et la fiabilité du diagnostic, tandis que les répétitions des cholangiopancréatographies n'ont apporté qu'un bénéfice limité. « Ces résultats plaident en faveur d'un suivi au niveau des séquences afin d'orienter les stratégies ciblées de réduction des mouvements », concluent les chercheurs.
✕
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR