Journal intime

SOS d’aiguilles de radium en détresse

En mars dernier, la polyclinique Inkermann de Niort a constaté un débit de dose radioactive anormal dans une salle d’attente. Après une inspection, l'IRSN et l'ASN ont découvert cinq aiguilles de radium 226 dans un conteneur plombé, placé dans un coffre fermé à clé, à côté de la salle d’attente. Pour ce billet, Docteur Imago a imaginé leurs états d’âmes.

Le 21/06/17 à 15:00, mise à jour aujourd'hui à 15:19 Lecture 1 min.

l'IRSN et l'ASN ont découvert cinq aiguilles de radium 226 dans un coffre fermé à clé, à côté de la salle d’attente d'une polyclinique de Niort (photo d'illustration). © CC0 domaine public sur pixabay.com

Houhou… il y a quelqu’un ? Qu’est-ce qu’il fait noir là-dedans. Vous êtes toutes là ? Un, deux trois, quatre, cinq. C’est bon, il ne manque personne. Je ne voudrais pas vous affoler mais ça fait déjà pas mal de temps qu’on nous a placées dans ce conteneur plombé et enfermées à clé dans ce coffre. Eh bien, je crois que l’on peut dire avec certitude qu’on nous a oubliées… Maintenant, il faut attendre qu’on nous retrouve et qu’on nous libère.

Tout s’était pourtant passé normalement : un petit tour en radiothérapie, la routine, rien à signaler… et puis tout d’un coup, l’obscurité et le silence de ce coffre inhospitalier. Un comble dans une clinique ! Depuis, le temps semble bien long… Allez, courage ! Pas de panique. Nous sommes des aiguilles de radium 226, on en a vu d’autres. Avec un petit effort, en rayonnant très fort, nous arriverons bien à nous faire remarquer. Et puis la salle d’attente n’est pas loin… Impossible que personne ne se rende compte de rien. Quand la plante verte à côté de la pile de magazines commencera à devenir phosphorescente, peut-être que quelqu’un finira par réaliser que quelque chose ne tourne pas rond.

S’il vous plaît l’IRSN, nous ne sommes pas faites pour rester là, évacuez-nous ! Attendez… chut… J’entends des pas. On vient vers nous, ça y est. La clé tourne dans la serrure. Libérées, délivrées !  C’est pas trop tôt… Non mais tu les entends ? « Débit de dose radioactive anormal dans la salle d’attente », tu m’étonnes !  Il manquerait plus que ça soit de notre faute.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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