Pertinence

La HAS émet des recommandations pour l’imagerie des cervicalgies

La Haute Autorité de santé a publié plusieurs documents de recommandation concernant les cervicalgies et la place de l’imagerie médicale. Deux fiches pertinence rappellent les indications et les modalités appropriées pour les cervicalgies non traumatiques et les cervicalgies traumatiques non pénétrantes.

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Le 11/12/20 à 16:00, mise à jour aujourd'hui à 15:14 Lecture 3 min.

Pour les cervicalgies non traumatiques, l’imagerie cervicale est indiquée d’emblée en cas d’épisode de cervicalgie associé à des « drapeaux rouges ». Pour les cervicalgies traumatiques, l’imagerie est indiquée dans 5 situations cliniques. Infographie HAS

Après les lombalgies, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 9 décembre 2020 de nouvelles recommandations concernant la place des actes d’imagerie médicale dans la prise en charge des cervicalgies. Elles s’appuient sur un rapport et deux fiches pertinences : une pour les cervicalgies après un traumatisme cervical non pénétrant chez l’adulte, et une pour les cervicalgies non traumatiques chez l’adulte. Ces fiches ont été élaborées en partenariat avec le Conseil national professionnel de radiologie et d’imagerie médicale (G4), avec l’objectif d’améliorer la pertinence de ces actes : réduire les examens non justifiés et ne pas passer à côté d’une lésion sévère du rachis. Elles s’adressent à la fois aux radiologues et aux médecins demandeurs.

Les cervicalgies non traumatiques

Les deux partenaires rappellent d’abord qu’il faut vérifier si le rapport entre bénéfice et risque est favorable pour le patient et lui proposer, à efficacité comparable, les techniques les moins irradiantes. Pour les cervicalgies non traumatiques, l’imagerie cervicale est indiquée d’emblée en cas d’épisode de cervicalgie associé à des « drapeaux rouges » : « des douleurs avec une aggravation progressive, permanente et insomniante, des atteintes neurologiques, des pathologies néoplasiques, des pathologies inflammatoires rhumatismales, des infections disco-vertébrales, des complications de chirurgie du rachis ou une pathologie vasculaire (dissection artérielle cervicale) », explique la HAS. A contrario, en l’absence de ces « drapeaux rouges », l’imagerie cervicale n’est pas indiquée en cas d’épisode de cervicalgie évoluant depuis moins de 4 à 6 semaines.

La modalité de première intention est l’IRM, sauf pour deux cas : les signes de dissection artérielle cervicale doivent faire appel à l’angio-IRM ; la cervicalgie commune persistante sans radiculalgie doit faire appel à la radiographie.

Les cervicalgies traumatiques non pénétrantes

Pour les cervicalgies traumatiques, l’imagerie est indiquée dans les cinq situations cliniques : « chez les patients instables ou présentant des troubles de conscience ou des signes neurologiques ; si elle est préconisée par l’une des deux règles suivantes²: National Emergency X-Radiography Utilization Study (NEXUS) ou Canadian C-Spine ; chez les sujets de 65 ans ou plus ; en cas de rachis ankylosé (spondylarthrite ankylosante, hyperostose, etc.), même en cas de traumatisme mineur ; si une dissection artérielle cervicale est suspectée. »

Dans ce cas, la modalité de première intention est le scanner. Il peut être complété par une IRM si une lésion de la moelle épinière, des disques intervertébraux ou des ligaments vertébraux est suspectée. « L’angio-IRM est indiquée d’emblée en cas de suspicion de dissection artérielle cervicale », précise la HAS.

[contenu_encadre img= » » titre= »Les cervicalgies non traumatiques en bref » auteur= » » legende= » » credit= » »]L’imagerie cervicale :

  • est indiquée d’emblée en cas d’épisode de cervicalgie associée à des drapeaux rouges ;
  • doit se discuter en cas d’épisode de cervicalgie commune persistant  plus de 4 à 6 semaines ;
  • n’est pas indiquée en cas d’épisode de cervicalgie commune (avec ou sans radiculalgie) évoluant depuis moins de 4 à 6 semaines.

En première intention, lorsque l’imagerie cervicale est indiquée :

  • si signes évoquant une maladie inflammatoire rhumatismale, infectieuse ou tumorale : IRM ;
  • si signes de dissection artérielle cervicale: angio-IRM ;
  • si cervicalgie commune persistant plus de 4 à 6 semaines : IRM si présence de radiculalgie, radiographies si absence de radiculalgie ;
  • avant un geste invasif : IRM.

Source : HAS.[/contenu_encadre] [contenu_encadre img= » » titre= »Les cervicalgies traumatiques (non pénétrantes) en bref » auteur= » » legende= » » credit= » »]

Dans le contexte de l’urgence, l’imagerie cervicale est indiquée :

  • chez les patients instables ou présentant des troubles de conscience ou des signes neurologiques ;
  • si elle est préconisée par l’une des deux règles suivantes : National Emergency X-Radiography Utilization Study (NEXUS) ou Canadian C-Spine ;
  • chez les sujets de 65 ans ou plus ;
  • en cas de rachis ankylosé (spondyloarthrite ankylosante, hyperostose, etc.) ;
  • si une dissection artérielle cervicale est suspectée.

Choix de l’imagerie cervicale lorsqu’elle est indiquée :

  • scanner en première intention, complété par :
    • une injection si découverte d’une lésion osseuse à risque vasculaire ;
    • une IRM si suspicion d’une lésion médullaire, discale ou ligamentaire ;
  • angio-IRM en 1re intention si une dissection artérielle cervicale est suspectée.

Source : HAS.[/contenu_encadre]

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Benjamin Bassereau

Directeur de la rédaction BOM Presse Clichy

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