Sous l’intitulé de « neurodroit », traduction du concept étasunien de neurolaw, un nouveau champ de recherche s’est ouvert pour étudier les transformations du droit sous l’effet de l’utilisation de l’imagerie cérébrale et de la montée en puissance des conceptions « neurodéterministes » [1]. Ces dernières semblent, en effet, gagner du terrain, assimilant la personne à l’individu « neurobiologique » selon le raisonnement suivant : les choix et les comportements humains sont des activités...

1. Après une affaire criminelle jugée en 2008 par le tribunal de Pune et largement commentée, la Cour suprême de l’Inde a retenu en 2010 le caractère anticonstitutionnel d’un usage à charge des techniques d’imagerie cérébrale pour la détection de mensonge.

Sonia DESMOULIN-CANSELIER

Chargée de recherche CNRS

UMR 6297

Droit et changement social

Bibliographie
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