Repère

Ce qui définit le médecin prescripteur et le demandeur

Les notions de médecin prescripteur et médecin demandeur d’un examen d’imagerie médicale suscitent des interrogations sur ce qu’elles recouvrent, notamment en termes de responsabilité, mais aussi en termes de possibilités d’action.

Le 12/05/17 à 11:00, mise à jour aujourd'hui à 15:19 Lecture 2 min.

Proposer un examen radiologique à un patient revient à demander une consultation spécialisée. Photographee.eu sur fotolia

Le « médecin prescripteur » est le médecin qui réalise une prescription médicale. Le Code de la santé publique définit et cadre bien cette notion de prescription quand elle concerne les médicaments. Il est, en revanche, moins précis pour les examens diagnostiques, notamment ceux d’imagerie médicale. Pour les examens qui recourent à des médicaments, tels que les produits de contraste, la prescription médicale individuelle est rendue obligatoire par le Code de la Santé publique, qui retranscrit le Code de déontologie. Pour les autres examens, cela n’est pas toujours le cas.

Celui qui délègue la réalisation de l’examen au manipulateur

La notion de prescription pour les examens d’imagerie médicale apparaît dans le décret d’actes des manipulateurs en électroradiologie médicale. En effet, les manipulateurs radio travaillent sous la responsabilité du médecin, mais peuvent accomplir certains actes en son absence ou sous sa surveillance. Ces actes doivent alors être réalisés « en application soit d’une prescription médicale individuelle, soit d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par le médecin ». Nous sommes donc dans le cas où le médecin prescripteur est celui qui « délègue » la réalisation de l’examen à un manipulateur radio. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un radiologue ou d’un médecin nucléaire.

Demander une consultation spécialisée

Qu’en est-il du médecin qui formule la demande d’examen sous la forme d’une ordonnance écrite ? S’agit-il d’une prescription ou d’une simple demande ? La notion du médecin demandeur s’appuie sur un paradigme : celui qui indique que proposer un examen radiologique à un patient revient à demander une consultation spécialisée [1]. « Le terme de prescription doit être banni, car le clinicien soumet une demande à un confrère spécialiste et non à un prestataire de services », indique Jean Nicolas Dacher, dans un article du Journal de radiologie [2]. Ainsi, le clinicien, qu’il soit médecin généraliste ou spécialisé, référerait son patient au radiologue (ou au médecin nucléaire) pour qu’il bénéficie d’une consultation.

Prescrire le bon examen

Dans ce cas, le rôle du radiologue est alors de prescrire le bon examen. « Le radiologue peut changer l’examen à réaliser ou dire qu’il n’est pas utile », expliquait ainsi Jean-Philippe Masson, radiologue, lors d’une session des Journées francophones de radiologie, en octobre 2016, consacrée à la « pertinence des examens en imagerie ».

Cette vision de l’examen d’imagerie médicale est largement défendue par la communauté des radiologues. « Le radiologue ne doit jamais se considérer comme un simple prestataire de service, quand bien même ce serait ce que le correspondant réclame », indique ainsi Vincent Hazebroucq, dans un article de SRH info [3]. Cette vision n’est pas forcément partagée par l’ensemble de la communauté médicale : la « consultation » spécialisée n’est pas toujours palpable ni par le médecin référent, ni par le patient, ce dernier ne rencontrant pas toujours le radiologue.

Auteurs

Virginie Facquet

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Le fil Docteur Imago

17 Avr

14:33

Une revue systématique publiée dans Radiography conclut au fort potentiel de l’utilisation du jumeau numérique en IRM, notamment en cardiologie et en oncologie, malgré des limites dans les domaines de la formation, de la sécurité et de l’intégration opérationnelle.

7:12

Une étude publiée dans Radiography analyse l’utilisation du modèle d’apprentissage profond Att-U-Net pour segmenter les tissus pulmonaires et les tumeurs à partir d’images PET-CT, afin d’améliorer le diagnostic du cancer du poumon. Les résultats montrent de bonnes performances (DSC 0,81 et IoU 0,69), suggérant que ce modèle pourrait renforcer la précision clinique et faciliter la planification des traitements.
16 Avr

15:41

Mount Sinai est le premier au monde à utiliser le système TheraSphere™ Y-90 « Any Day Dosing », un traitement mini-invasif qui délivre directement des radiations aux tumeurs du foie via le sang. Cette innovation permet de traiter les patients plus rapidement et plus souvent dans la semaine, améliorant ainsi l’accès aux soins et réduisant les délais, annonce un communiqué. 

13:16

Une revue systématique et méta-analyse démontre que la mammographie avec contraste (CEM) présente une très forte valeur prédictive négative pour les asymétries non rehaussées, avec un risque de cancer extrêmement faible. En revanche, la présence de rehaussement est fortement associée à la malignité et permet d’améliorer la stratification du risque.

7:30

Une étude aux Pays-Bas montre qu’un protocole standardisé améliore partiellement la qualité des comptes rendus d’échographie thyroïdienne, mais reste inégalement appliqué. Son efficacité dépend surtout d’une bonne communication et collaboration entre les professionnels de santé.

Docteur Imago

GRATUIT
VOIR