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« Le RIS de demain ne cherchera plus à tout faire, mais à tout orchestrer »

Entre essor de l'intelligence artificielle, concentration des groupes d'imagerie et développement du SaaS, les infrastructures d'imagerie évoluent rapidement. Michael Benhammouda, directeur commercial Imagerie de Softway Medical, partage sa vision des enjeux du secteur et du rôle que joueront les systèmes d'information dans les années à venir.

Le 31/08/26 à 0:00 Lecture 6 min.

« Notre vision à horizon 2030 est donc celle d'un RIS beaucoup plus ouvert : une plateforme d'imagerie capable d'intégrer les meilleures solutions du marché tout en conservant une expérience, une donnée et un workflow cohérents pour le radiologue, ses équipes et le patient. » © Softway Medical

La radiologie connaît un mouvement de concentration important. Comment accompagnez-vous cette évolution du marché ?

Les groupes de radiologie et les établissements cherchent aujourd’hui des solutions capables d’évoluer au même rythme que leurs organisations. Dans le même temps, l’informatique qui fait fonctionner l’imagerie est devenue beaucoup plus complexe. Les sujets d’hébergement et de cybersécurité occupent désormais une place importante dans les établissements comme dans les groupes de radiologie.
Notre rôle est justement de prendre cette complexité à notre charge. En couvrant à la fois les applicatifs d’imagerie et leur hébergement, nous pouvons accompagner les évolutions des organisations sans qu’elles aient à multiplier les interlocuteurs ou les projets techniques.
Cette approche prend tout son sens avec l’évolution vers des modèles SaaS : l’objectif n’est plus seulement de fournir un logiciel, mais un service disponible, sécurisé, évolutif et capable d’accompagner rapidement la croissance ou la transformation des organisations.
Aujourd’hui, nous équipons plus de 100 établissements publics et ESPIC et sommes présents auprès de nombreux acteurs privés de toutes tailles comme par exemple FIT, SIMAGO, IMDEV ou Ramsay Santé. Plus de 90 % de nos clients sont hébergés dans nos datacenters certifiés HDS.

Quels sont, selon vous, aujourd’hui, les principaux défis technologiques des radiologues ?

Le défi n’est plus tant d’accéder à l’information que de l’exploiter efficacement. Les radiologues doivent composer avec un volume grandissant d’images, de données cliniques, d’antériorités et d’outils spécialisés. Dans le même temps, les volumes d’examens continuent de progresser alors que le temps médical reste contraint.
Nous pensons que les systèmes d’information doivent avant tout faire gagner du temps.
La technologie doit permettre au radiologue de se consacrer davantage à son expertise médicale et moins à rechercher l’information dont il a besoin ou à gérer les limites des outils qu’il utilise.
Et cette recherche de simplicité ne concerne pas uniquement le radiologue : elle doit aussi réduire les tâches sans valeur ajoutée pour les manipulateurs, les secrétariats et l’ensemble des équipes qui participent au parcours du patient.

« Le RIS va devenir beaucoup plus ouvert, beaucoup plus intelligent et surtout beaucoup plus proactif. »

Comment cette vision se traduit-elle dans l’évolution du RIS ?

Le RIS va devenir beaucoup plus ouvert, beaucoup plus intelligent et surtout beaucoup plus proactif. Pendant longtemps, il a été conçu comme un outil dans lequel l’utilisateur allait chercher une information. Demain, il devra être capable de faire remonter l’information pertinente au moment où elle est utile, sans que le radiologue, les manipulateurs ou le personnel administratif aient besoin d’aller la chercher.
L’intelligence artificielle contribuera à cette évolution, non seulement sur l’analyse des examens mais aussi sur l’organisation du travail. Nous voyons émerger des usages très concrets, comme la génération de comptes rendus structurés à partir du langage naturel, la priorisation intelligente des tâches ou l’automatisation de certaines opérations répétitives.
Le RIS s’étendra également au-delà de l’examen lui-même. Aujourd’hui, un radiologue peut encore passer du temps à rechercher une antériorité ou une information clinique dans plusieurs systèmes. Demain, l’enjeu sera que ces informations soient disponibles directement dans son environnement de travail. Avec l’intégration de la DRIMbox, nous avançons déjà dans cette direction.

Avec la multiplication des solutions spécialisées, le RIS ne risque-t-il pas de perdre progressivement son rôle central ?

Je pense au contraire que le RIS peut devenir encore plus stratégique, à condition qu’il change de rôle. Historiquement, le RIS cherchait à couvrir lui-même une grande partie du parcours : prise de rendez-vous, accueil, workflow, compte rendu, facturation ou pilotage de l’activité. Aujourd’hui, des acteurs spécialisés apportent des solutions très performantes sur chacune de ces étapes. Il serait illusoire de vouloir être le meilleur partout. Le RIS de demain devra donc moins chercher à tout faire qu’à tout orchestrer.
Nous voyons trois domaines sur lesquels il devra rester incontournable : la donnée, le workflow et l’orchestration de l’intelligence artificielle.
Une solution spécialisée pourra gérer la prise de rendez-vous, une autre le pré-accueil, une autre assister la production du compte rendu ou analyser les images. Mais le RIS devra conserver la compréhension globale du parcours, faire circuler la bonne information et permettre à toutes ces solutions de fonctionner comme un seul système.
Notre vision à horizon 2030 est donc celle d’un RIS beaucoup plus ouvert : une plateforme d’imagerie capable d’intégrer les meilleures solutions du marché tout en conservant une expérience, une donnée et un workflow cohérents pour le radiologue, ses équipes et le patient. C’est probablement là que se situera demain la véritable valeur du RIS : non plus tout faire, mais rendre tout le reste plus intelligent et plus efficace.

Vous évoquez souvent la donnée. Quel rôle jouera-t-elle demain ?

La donnée est probablement l’un des grands leviers de transformation de l’imagerie.
Mais l’enjeu ne sera plus seulement de la stocker ou de produire des tableaux de bord. La donnée constitue la mémoire du parcours d’imagerie : elle doit pouvoir être exploitée en temps réel par les workflows et, demain, par les agents d’intelligence artificielle.
Si le système connaît l’indication, les antériorités, le contexte clinique et les événements du parcours, il peut commencer à anticiper les besoins plutôt que simplement répondre aux demandes de l’utilisateur.
Au-delà du soin, nous voulons permettre aux établissements et aux groupes de radiologie d’exploiter plus simplement leurs informations pour mieux comprendre leur activité, piloter leurs organisations ou valoriser leurs données dans le cadre de projets de recherche.
L’enjeu est de rendre cette richesse accessible sans complexifier le quotidien des utilisateurs.

Softway Medical distribue le PACS Synapse de Fujifilm de manière exclusive en France. Qu’apporte ce partenariat aux radiologues ?

Nous avons construit avec Fujifilm un partenariat fondé sur une complémentarité forte. Fujifilm apporte un PACS reconnu par de nombreux radiologues à travers le monde, notamment sur des domaines exigeants comme l’imagerie lourde et la sénologie. De notre côté, nous apportons notre connaissance du marché français et notre expérience du déploiement de ces solutions dans des organisations parfois très complexes.
Pour les utilisateurs, cela signifie l’accès à une solution qui bénéficie d’un retour d’expérience international important. Avec près de 7 000 installations dans le monde, Synapse dispose d’une feuille de route alimentée par des usages très variés et des besoins exprimés à grande échelle.
La prochaine étape majeure interviendra fin 2026 avec une version qui réunira au sein d’un même environnement les usages PACS et les outils de post-traitement avancés, afin de fluidifier davantage le parcours de lecture et d’interprétation des radiologues.

Quel sera selon vous le principal défi de la radiologie dans les prochaines années ?

L’augmentation continue du volume d’examens alors que le temps médical reste une ressource limitée. Le défi sera d’absorber davantage d’examens sans demander davantage de temps aux radiologues, tout en maintenant un haut niveau de qualité et en améliorant l’accès aux soins. Les systèmes d’information devront simplifier le quotidien des équipes et faire disparaître une partie de la complexité qui s’est accumulée autour de l’imagerie au fil des années. La technologie n’a pas vocation à remplacer l’expertise du radiologue. Elle doit lui permettre de se concentrer sur ce qui crée le plus de valeur : l’interprétation, la décision médicale et la qualité de la prise en charge des patients.
C’est dans cette logique que nous imaginons le RIS de 2030 : une plateforme ouverte et proactive, capable d’orchestrer la donnée, les workflows et l’intelligence artificielle pour remettre du temps médical et de la simplicité au cœur de l’imagerie.

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