Gadolinium

L’injection répétée de produit de contraste gadoliné macrocyclique ne fait pas augmenter l’intensité du signal en IRM

Selon une étude germanique dévoilée lors du congrès du RNSA, de multiples injections de produits de contraste gadolinés macrocycliques n’entraînent pas d’augmentation de l’intensité du signal du noyau dentelé en IRM T1.

Le 11/01/17 à 12:00, mise à jour aujourd'hui à 14:33 Lecture 2 min.

Les chercheurs indiquent qu’ils n'ont détecté aucune augmentation significative du signal T1 du noyau dentelé chez les patients après environ 23 injections de GBCA macrocyclique (photo d’illustration). CC Hellerhoff (travail personnel) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Une contribution de plus au débat sur le gadolinium et sa rétention dans certaines zones du cerveau. Lors du congrès de la Société nord-américaine de radiologie (RSNA), fin 2016, des chercheurs allemands ont présenté une étude qui conclut que les injections en série (20 ou plus) d’agents de contraste à base de gadolinium (GBCA) ne seraient pas associées à une augmentation de l’intensité de signal (SI) du noyau dentelé (DN).

Une IRM tous les 3 mois

Les scientifiques ont réuni 33 patients, qui ont reçu des injections de gadobutrol (Gadovist® de Bayer Healthcare) et de gadotérate de méglumine (Dotarem® des laboratoires Guerbet) et passé des IRM cérébrales 3 T. 7,74 mmol de gadobutrol ou 12,61 mmol d’acide gadotérique ont été injectés lors de chaque examen, en fonction du poids des patients, avec un délai moyen de 3 mois entre chaque injection. L’intervalle moyen entre le premier et le dernier balayage d’IRM était de 273 semaines.

Pas d’augmentation du signal T1

Dans un article publié dans Radiology, les chercheurs indiquent qu’ils n’ont détecté aucune augmentation significative du signal T1 du noyau dentelé chez les patients après environ 23 injections de GBCA macrocyclique. Ces résultats confirment les recherches d’une équipe japonaise, elles aussi détaillées dans Radiology, en juin 2015. Ces dernières concluent que l’hypersignal dans le DN sur les images pondérées en T1 est associé à l’administration précédente de GBCA linéaires, tandis que l’administration de GBCA macrocycliques n’a aucun lien avec l’augmentation de l’intensité du signal.

Le Canada appelle à la prudence

La possibilité d’une accumulation de gadolinium dans le cerveau continue néanmoins d’inquiéter. Dans un communiqué du 6 janvier 2017, le ministère fédéral de santé du Canada indique avoir réalisé un examen de l’innocuité des agents de contraste à base de gadolinium (ACBG) en raison du nombre croissant d’éléments scientifiques probants qui montrent que le gadolinium pourrait s’accumuler dans le cerveau après de multiples examens par imagerie par résonance magnétique (IRM) avec injection d’un agent de contraste ». L’instance conseille aux professionnels de santé de limiter le recours au ACGB, d’utiliser la plus faible dose efficace et d’évaluer le rapport bénéfice/risque pour chaque patient. Elle avise que « selon les éléments scientifiques probants connus, l’administration d’agents linéaires entraînerait une accumulation plus élevée de gadolinium dans le cerveau que l’administration d’agents macrocycliques, mais que des accumulations ont été observées après l’administration des deux types de produits ».

Auteurs

Virginie Facquet

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Le fil Docteur Imago

20 Mar

16:18

Le congrès du Groupe francophone de radiothérapie en urologie (GFRU), aura lieu du 26 au 27 mars au centre de congrès de Lyon (69).

13:00

Une méta-analyse publiée dans European Radiology montre que les systèmes d’intelligence artificielle basés sur le deep learning détectent le cancer de la prostate cliniquement significatif avec une performance comparable à celle des radiologues, avec une légère supériorité en spécificité. L’IA pourrait donc améliorer potentiellement la précision et réduisant les biopsies inutiles grâce à un affinement plus approfondi du modèle.

7:11

Une enquête menée par la société européenne d'imagerie mammaire (EUSOBI) démontre que, malgré des aspects procéduraux très variés dans la biopsie mammaire à aiguille centrale guidée par échographie, des niveaux de stérilité perçus plus élevés ne sont pas associés à une diminution des infections. L'étude met en lumière l'importance de réduire en toute sécurité l’utilisation des ressources et l’impact environnemental.
19 Mar

16:00

La réponse de perfusion à l’adénosine semble être spécifique à chaque organe, conclut une étude parue dans JNM. L’adénosine augmente la perfusion au niveau du cœur, du foie, du côlon et du duodénum, tandis que la perfusion est réduite par l’adénosine dans le cerveau, la rate, les reins, le muscle squelettique et l’os, écrivent les chercheurs.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR