Laboratoire DACTIM à Poitiers

« Nos algorithmes permettent de prédire comment les tumeurs répondront au traitement »

Pour mieux adapter le traitement des patients en oncologie, une équipe de recherche en imagerie du CHU de Poitiers s’est associée avec des mathématiciens du CNRS. Les chercheurs du laboratoire DACTIM ont ainsi mis au point des algorithmes pour prédire la réaction des tumeurs. Explications avec Rémy Guillevin, qui dirige l’équipe de recherche.

Le 13/09/17 à 15:00, mise à jour hier à 14:15 Lecture 2 min.

« Notre objectif est d’utiliser les paramètres fournis par les imageurs pour mieux diagnostiquer les patients et mieux suivre leur traitement », explique Rémy Guillevin, qui dirige le laboratoire DACTIM. D. R.

Docteur Imago / Comment a débuté ce projet de recherche DACTIM ?

Rémy Guillevin / C’est une équipe de recherche que nous avons montée au CHU, où je suis chef de pôle adjoint du service de radiologie. Nous avons lancé ce projet avec des mathématiciens du CNRS de l’université de Poitiers. La conséquence est que le CHU de Poitiers a maintenant une équipe de recherche qui fait partie d’un laboratoire CNRS.

D. I. / Quel est l’avantage d’avoir ce label CNRS ?

R. G. / Il nous donne de facto une reconnaissance scientifique nationale et internationale que nous aurions mis beaucoup plus de temps à obtenir sans lui. Cela permet donc à Poitiers d’être un acteur visible de la recherche en imagerie. Le résultat, c’est que nous avons maintenant deux laboratoires dédiés. L’un est spécialisé dans les images non médicales. Quant au laboratoire DACTIM-MIS, sa vocation est d’analyser et d’intégrer à des modèles mathématiques les données issues de l’imagerie par résonance magnétique et de l’imagerie isotopique.

D. I. / Quelle est la valeur ajoutée des mathématiques en imagerie ?

R. G. / Ils améliorent la compréhension des examens. Aujourd’hui, les imageurs fournissent un grand nombre de paramètres dont on ne sait pas quoi faire. Les mathématiques permettent de mettre de l’ordre au sens formel du terme. C’est-à-dire de comprendre comment les paramètres s’agencent les uns par rapport aux autres. La finalité est d’utiliser ces paramètres pour mieux diagnostiquer les patients et mieux suivre leur traitement.

D. I. / Comment cela s’applique-t-il concrètement ?

R. G. / Notre champ d’application le plus ancien est l’imagerie des tumeurs cérébrales. Nous avons donc créé des modèles qui permettent de prédire la réponse ou l’échappement thérapeutique d’une tumeur cérébrale sous radiothérapie ou sous chimiothérapie. Nous utilisons ces outils en réunion de concertation pluridisciplinaire pour dire à l’oncologue, au radiothérapeute ou au neurochirurgien s’il faut changer ou continuer un traitement. On peut ainsi mieux adapter les thérapeutiques et mieux les suivre grâce à l’imagerie. Pour le patient, rien ne change. Il continue à passer des examens IRM ou TEP. En oncologie, la place de l’imagerie est de plus en plus centrale dans la prise en charge des patients. Il était donc urgent d’avoir une équipe de recherche qui permette d’accélérer encore la prise en compte de ces paramètres et de les intégrer à la prise en charge thérapeutique.

Auteurs

Carla Ferrand

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

21 Fév

13:40

Selon une étude publiée dans Radiology, un algorithme d’apprentissage profond disponible dans le commerce peut permettre des examens IRM de l’épaule de bonne qualité en sept minutes.

7:37

Le parlement a adopté définitivement le budget 2025 de la Sécurité sociale ce 17 février. Il prévoit une hausse des dépenses d’Assurance maladie de 3,4 %, pour atteindre un montant de 265 milliards d’euros.
20 Fév

16:01

L’imagerie des paramètres d’atténuation par ultrasons peut être utilisée pour le dépistage clinique afin d’évaluer la prévalence de la MASLD chez les patients en surpoids ou obèses et de suivre de manière dynamique la progression de la maladie, conclut une étude publiée dans Clinical radiology.

13:31

Le modèle de langage appelé Axpert démontre un potentiel de marquage automatique de l’entérocolite nécrosante sur les comptes-rendus de radiographie abdominale infantile. Cette méthode de marquage peut ainsi servir de cadre pour d’autres modalités d’imagerie et maladies chez les enfants, et les maladies rares chez l’adulte, suggère une étude publiée dans JAMIA Open.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR