Relation avec le patient

« Il faut former les radiologues à l’annonce du cancer »

Cette année, le programme des JFR a fait de la relation entre le radiologue et ses patients l’un de ses thèmes majeurs. Une session du dimanche 15 octobre s'est appuyée sur des témoignages pour montrer qu'il est nécessaire de former les médecins dans le dispositif d’annonce.

Le 17/10/17 à 15:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 2 min.

« Le moindre mot, le moindre geste, le moindre regard aura un impact très important dans une annonce de diagnostic grave », assure Marc Ychou, directeur général de l’institut de cancérologie de Montpellier. © C. F.

« C’est bien un cancer, mais là je pars en week-end, donc on verra lundi. » Cette phrase, prononcée par un radiologue, a été rapportée par un patient lors des états généraux de la Ligue contre le cancer. Dimanche 15 octobre, Marc Ychou, directeur général de l’institut de cancérologie de Montpellier, s’en est fait l’écho lors d’une session des Journées francophones de radiologie intitulée « Ce qu’un radiologue ne devrait jamais dire à un patient ». Sur ce thème, le premier plan Cancer (2003-2007) avait préconisé la mise en place d’un dispositif d’annonce.

Un traumatisme

Cette démarche concerne de près les professionnels de l’imagerie puisque, comme le rappelle Marc Ychou, « ce sont très souvent les radiologues qui annoncent le premier diagnostic de cancer ». Ce dispositif d’annonce intervient dans un contexte médical lourd. « Le terme de cancer renvoie très souvent à une charge émotionnelle particulière, au spectre de la mort. C’est donc souvent un traumatisme », souligne l’intervenant.

Du théâtre pour former à l’annonce

L’annonce du diagnostic en cancérologie est un exercice délicat, pour lequel les médecins ne sont pas souvent formés. Face à ce constat, la faculté de Montpellier a mis en place une initiative intéressante : une formation théâtrale pour les futurs médecins. L’objectif est de leur donner quelques clés pour savoir comment annoncer un diagnostic de la façon la moins brutale possible. « Le médecin, qu’il le veuille ou non, est forcément en représentation vis-à-vis des malades et de leur famille, explique Marc Ychou. Le moindre mot, le moindre geste, le moindre regard aura un impact très important dans une annonce de diagnostic grave. »

Humaniser la relation au patient grâce au théâtre

En collaboration avec des acteurs de l’école nationale d’art dramatique de Montpellier, les étudiants en médecine de quatrième année bénéficient d’une formation obligatoire de deux jours sur la relation médecin malade. « Cette formation pourrait très bien être proposée aux radiologues », selon Marc Ychou. Ils y apprennent à poser leur voix, à adapter leur attitude au patient et à quitter « la forteresse du médecin », comme l’explique le metteur en scène Serge Ouaknine : « Le théâtre est l’art de la relation humaine et de l’énonciation. Il peut donc apporter énormément aux jeunes médecins. »

« Il y a de plus en plus de procès »

La relation au patient est un enjeu grandissant pour les médecins, insiste le radiologue lyonnais Pascal Rousset. « En imagerie, nous sommes face à des contextes très variés. Il faut avoir des techniques de communication pour partager la souffrance ou le soulagement d’un patient. » L’intervenant ajoute que cette relation s’intègre également dans un contexte médicolégal. « Nous avons l’obligation d’informer nos patients. Il y a de plus en plus de procès, notamment aux États-Unis, contre des radiologues qui ont mal maîtrisé cette relation avec leurs patients. Il y a donc une vraie nécessité à se former au savoir-être. »

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

2 commentaires

Commenter cet article
  1. Greg GarraioHmmm on m a tjrs appris a dire que le mot cancer n etait vrai qu apres l anatomopathologie
    Il y a 9 ans

Laisser un commentaire

Le fil Docteur Imago

27 Avr

16:06

Edward Wolfgang Lee, radiologue interventionnel à l'Université de Californie Los Angeles (UCLA), a réalisé pour la première fois au monde un shunt splénorénal percutané chez un enfant de 6 ans atteint d'une sévère hypertension portale, annonce un communiqué de presse.

13:02

La réalisation en routine d'un scanner cérébral dans les 24 heures à 48 heures suivant le premier scanner chez un patient admis pour un traumatisme crânien léger est corrélée à une détérioration clinique mais n'affecte pas la prise en charge, conclut une étude présentée dans Emergency Radiology.

7:30

Un acquisition single-shot de ciné-IRM augmentée par intelligence artificielle produit une mesure de la fonction ventriculaire comparable à celle d'une acquisition de ciné-IRM conventionnelle. Particulièrement utile pour les patients arythmiques, selon un article de Radiology.
24 Avr

17:31

Une étude publiée dans Scientific Reports a évalué la capacité de GPT-4o à standardiser les recommandations de suivi à partir de comptes rendus de radiologie, en les comparant à celles de radiologues humains sur 100 cas cliniques. Les résultats montrent que GPT-4o atteint une qualité globale comparable à un radiologue expérimenté et supérieure à un interne.

7:30

En 2024, les radiologues n’ont reçu que 0,76 % des financements de recherche de la part de l’industrie (90,4 millions de dollars), avec une forte concentration sur une minorité d’entre eux. La part de la radiologie dans le financement total a diminué entre 2019 et 2024 (de 1,34 % à 1,06 %), suggérant un soutien limité et en déclin (étude).
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR