Mouvement social

La journée de grève des radiologues libéraux a eu bonne presse

Les médias grand public ont largement évoqué la grève des radiologues libéraux du 23 mars 2017. Les articles et reportages relaient sans commentaire les doléances de la FNMR, et témoignent au niveau local des inquiétudes des médecins.

Le 29/03/17 à 11:00, mise à jour aujourd'hui à 14:16 Lecture 2 min.

La FNMR juge « inespérée » la couverture médiatique de la grève du 23 mars. CC0 Domaine public sur pixabay.com.

La grève du 23 mars devait permettre de sensibiliser le grand public à la cause des radiologues libéraux. Selon leur fédération nationale, le pari est gagné. « 10 000 personnes ont signé notre pétition contre le sabotage de l’imagerie médicale », annonce son président, Jean-Philippe Masson. Il se félicite aussi d’une couverture médiatique « inespérée » : « J’ai été interviewé par les grandes radios. Les chaînes de télévision ont diffusé des reportages et la presse nationale a publié des articles. Plus de 60 papiers sont parus dans la presse régionale », affirme-t-il.

Un accueil neutre sinon bienveillant

La presse et l’audiovisuel nationaux, les antennes régionales de France 3 et de France Bleu, ont ainsi évoqué l’événement. Dans les reportages et articles que nous avons consultés, le mouvement rencontre un accueil, sinon bienveillant, du moins neutre. La plupart relaient les arguments de la FNMR, qui prédit une baisse des investissements et l’accroissement des délais de rendez-vous. Les critiques – parfois acerbes – du mouvement de grève sont laissées aux commentaires que postent les lecteurs.

Le relais des mobilisations en région

Si des journaux nationaux retranscrivent souvent des dépêches, la presse régionale traite le sujet d’un point de vue local. Elle témoigne ainsi de la forte mobilisation des radiologues. « C’est la première fois que je fais grève de ma vie », révèle ainsi un libéral de la Vienne à Centre presse. Le quotidien annonce que « les 14 radiologues de Poitiers et les 4 qui exercent à Châtellerault ont répondu à l’appel… ».

Des exemples locaux

Les reportages sur place donnent l’occasion d’évoquer des exemples concrets. Le journal réunionnais Clinacoo présente celui d’un cabinet de Saint-Benoît. « [Il] a dû débourser à sa création en 2011 plus de 1,5 million d’euros pour l’achat d’un IRM et d’un scanner, explique l’article de presse. S’ajoute encore le coût de la maintenance : 70 000 euros par an rien que pour le scanner. Pour assurer un service 24h/24h, le cabinet emploie 30 personnes et doit verser 22 000 euros de loyer chaque mois à l’hôpital […]. Avec la baisse constante des remboursements, ce sont ces charges et investissements que les professionnels craignent de ne plus pouvoir assurer dans un avenir proche. »

La menace de la désertification médicale

Les articles évoquent les problématiques de désertification médicale, qui pourraient s’aggraver avec la fermeture de cabinets. Sur ce thème, la communication de la FNMR a fait mouche. « Il y avait cinq radiologues à Landerneau, il n’y en a plus, tout comme à Concarneau. Il n’y a plus qu’un seul radiologue à Landivisiau », explique Henri Lepenndu, président du Syndicat départemental des médecins radiologues du Finistère dans Le Télégramme. « On déplore déjà trois fermetures dans la Marne faute de repreneur, à Sézanne, Épernay et Cormontreuil », assure Michel Rossignol, de Charleville, au journal L’Union.

Auteurs

Jérome Hoff

Rédacteur en chef adjoint

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