Troisième cycle des études médicales

Les internes critiquent la réforme de la formation en neuroradiologie interventionnelle

L’Union nationale des internes et jeunes radiologues réclame le retrait d’un projet de formation spécialisée transversale. Elle est soutenue par le conseil professionnel de la radiologie française.

Le 23/02/17 à 8:00, mise à jour aujourd'hui à 15:22 Lecture 2 min.

Un projet de formation spécialisée transversale de neuroradiologie interventionnelle pourrait « déréglementer cet exercice afin de l’introduire de façon qualifiante dans la formation initiale du futur DES de neurologie, aux dépens de la radiologie », d’après l’UNIR (photo d'illustration). Éric Jolly

Les radiologues en herbe sont « indignés ». Le projet de réforme du troisième cycle des études médicales, en cours de préparation au ministère de la Santé, prévoirait en effet, d’après un communiqué de l’Union nationale des internes et jeunes radiologues (UNIR), une formation spécialisée transversale (FST) de neuroradiologie interventionnelle. Et pour cette association, c’est en trop : « L’UNIR exige le retrait de tout projet de FST visant la radiologie. »

« Le but : déréglementer l’exercice »

Les raisons de ce mécontentement sont à rechercher dans la formation initiale des différentes spécialités médicales. Ce projet aurait « pour but de déréglementer cet exercice afin de l’introduire de façon qualifiante dans la formation initiale du futur DES de neurologie, aux dépens de la radiologie », d’après l’UNIR. « Il n’est pas acceptable que certaines spécialités souhaitent profiter d’une réforme du 3e cycle des études médicales pour raboter la formation initiale des internes du DES de radiologie, avec comme unique but d’élargir unilatéralement leur champ de compétence », précise l’association.

Une opposition avec le DES de radiologie

Ce projet de FST s’oppose, selon l’UNIR, au fil directeur de la formation initiale des radiologues, à savoir « la création d’une option de radiologie interventionnelle avancée au sein du DES de radiologie et d’imagerie médicale ». Cette option serait « stratégique pour la prise en charge de leurs patients », permettrait de « renforcer la qualité de la formation et l’attractivité de [leur] spécialité pour les plus jeunes ». D’un côté donc, il y aurait une FST d’une année pour acquérir les compétences en neuroradiologie interventionnelle, de l’autre un DES de radiologie en 5 à 6 ans selon les options.

« Un mépris des pouvoirs publics »

Le mécontentement provient aussi du déroulé chronologique du projet : « Alors même que les différents acteurs de la radiologie, et notamment les internes de radiologie en formation, ont été présents à toutes les étapes des discussions autour de la mise en place de la réforme du 3e cycle, cette FST n’a jamais été stipulée dans les documents de travail jusqu’à la première semaine de février », précise l’UNIR. Elle dénonce à cet égard « une méconnaissance et du mépris des pouvoirs publics envers notre spécialité, à tous les niveaux, allant de la formation initiale des internes jusqu’aux mesures répétées de dégradation de la qualité de l’activité de soin ». L’UNIR est soutenue par le conseil professionnel de la radiologie française (G4) et de l’InterSyndicat National des Internes (ISNI). Ce dernier réclamait, fin janvier 2017, la parution de la liste exhaustive des FST et options, leurs maquettes et les spécialités qui y auront accès.

Auteurs

Avatar photo

Benjamin Bassereau

Directeur de la rédaction BOM Presse Clichy

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

25 Sep

16:00

Une revue publiée dans Neuroradiology offre un aperçu global des bénéfices cliniques et des limites opérationnelles de la téléradiologie. Selon les chercheurs, celle-ci améliore l’accès à l’expertise, la rapidité des diagnostics et la continuité des soins. Cependant, son développement reste limité par les problèmes de connectivité, d’interopérabilité, de sécurité des données et de réglementation.

13:00

Dans une revue de la littérature, des chercheurs australiens mettent en évidence des obstacles à l’inclusion des personnes LGBTQ+ en imagerie médicale, notamment les systèmes binaires, le mégenrage et le manque de formation, et souligne la nécessité de développer et d’évaluer des pratiques, des outils et des communications plus inclusifs.

7:45

Un algorithme testé par une équipe de chercheurs danois a démontré une bonne précision pour la détection de fractures d'extrémités en situation d'urgence. Cependant, la valeur prédictive positive inférieure par rapport aux comptes rendus de radiologie et l'apparition de faux positifs soutiennent son utilisation comme aide à la décision plutôt que pour le diagnostic autonome. (Étude)

24 Sep

17:30

Dans une étude présentée dans JACR, les répétitions d'examens IRM cérébrales liées aux mouvements des patients ont généralement permis d'améliorer la qualité de l'image et la fiabilité du diagnostic, tandis que les répétitions des cholangiopancréatographies n'ont apporté qu'un bénéfice limité. « Ces résultats plaident en faveur d'un suivi au niveau des séquences afin d'orienter les stratégies ciblées de réduction des mouvements », concluent les chercheurs.
✕
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR