Assurance maladie

« Les radiologues seront peu concernés par le tiers payant généralisable »

La ministre de la santé annonce la mise en place du tiers payant « généralisable » en 2018. Le président de la FNMR, Jean-Philippe Masson, estime que cette mesure ne devrait avoir que peu d’impact sur les radiologues.

Le 12/09/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 15:19 Lecture 1 min.

La ministre de la Santé a annoncé la mise en place du tiers payant « généralisable » courant 2018 (photo d'illustration). © C. F.

« Le tiers payant sera généralisable et mis en place courant 2018 », annonce la ministre de la Santé Agnès Buzin dans une interview du 31 août sur la chaîne C News. Contrairement au tiers payant « généralisé » voulu par l’ancienne ministre Marisol Touraine, le terme « généralisable » indiquerait que la mesure ne sera pas obligatoire.

Un terme « bancal »

Pour Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), cette nuance est avant tout un effet de langage. « Généralisable, cela veut dire que c’est quelque chose qui se fera dans le temps et finira par arriver », estime-t-il. À l’origine, le tiers payant devait devenir obligatoire. Jean-Philippe Masson considère que l’actuelle ministre de la Santé suit les traces de sa prédécesseure. « Durant la campagne présidentielle, le candidat Macron s’était déclaré opposé au tiers payant obligatoire, tout comme Agnès Buzyn. Ils sont donc revenus sur leurs déclarations et restent dans la continuité de la loi Touraine. »

Un impact modéré

Passé cette déception, le président de la FNMR estime que cette mesure n’aura pas beaucoup d’impact. « Elle va toucher relativement peu les radiologues puisque beaucoup appliquent déjà le tiers payant à travers les mutuelles, note-t-il. Après, il y a des variables suivant les régions. Mais dans la mesure où 90 % des radiologues sont en secteur 1, cela ne les concerne pas trop. »

« C’est une très mauvaise chose pour la pertinence »

D’un point de vue économique, Jean-Philippe Masson redoute cependant une déresponsabilisation des patients. « Le fait de ne rien avoir à payer va amener des patients à consulter pour un oui ou pour un non. Ils vont demander à leur médecin des examens qui ne sont pas forcément justifiés. C’est une très mauvaise chose pour la pertinence. »

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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