Intelligence artificielle

Les initiatives fleurissent pour collecter et partager les données d’imagerie sur le COVID-19

La Société nord-américaine de radiologie (RSNA) a lancé un projet de dépôt de données d'imagerie sur le COVID-19. Elle collabore étroitement avec l'EuSoMII pour développer des algorithmes d'IA qui permettront de détecter la pathologie et de quantifier l'atteinte pulmonaire.

Le 01/04/20 à 7:00, mise à jour hier à 14:16 Lecture 2 min.

Grâce à la collecte de données d'imagerie la RSNA entend développer des algorithmes pour faciliter la détection du COVID-19 et la quantification de l'atteinte pulmonaire au scanner. © Chung M., Bernheim A., Mei X. et coll.

Alors que la pandémie de COVID-19 s’étend sur toute la planète, la communauté radiologique internationale se mobilise pour collecter et partager les données d’imagerie. La Société nord-américaine de radiologie (RSNA) a créé un dépôt de données provenant d’établissements et de sociétés du monde entier.

Développer la recherche et des algorithmes d’IA

Cette initiative doit permettre d’alimenter la recherche et la formation sur le COVID-19, annonce la RSNA dans un communiqué. « L’annotation et l’analyse des images permettra aux chercheurs de comprendre les tendances épidémiologiques et de générer de nouveaux algorithmes d’IA pour faciliter la détection du COVID-19, la différenciation par rapport aux autres pneumonies et la quantification de l’atteinte pulmonaire au scanner pour le pronostic ou la planification du traitement », précise la société américaine.

Collaboration américano-européenne

Pour développer son projet, la RSNA a mis en ligne un sondage adressé aux représentants d’organisations de radiologues qui souhaiteraient partager des données d’imagerie liées au COVID-19. Elle annonce aussi sa collaboration avec le projet européen Imaging COVID-19 AI, développé par la Société européenne d’informatique en imagerie médicale (EuSoMII). « L’objectif est de créer des algorithmes capables de détecter précisément et rapidement le COVID-19 sur les scanners thoraciques, d’évaluer l’étendue des lésions pulmonaires et de stadifier l’avancée de la pathologie », explique Erik Ranschaert, le président de l’EuSoMII.

Les hôpitaux européens adhèrent au projet

Pour collecter les données nécessaires au développement de ces algorithmes, l’EuSoMII a activé son réseau dans toute l’Europe. « Nous avons déjà une trentaine d’hôpitaux européens qui souhaitent collaborer à ce projet », indique Erik Ranschaert. Le développement des algorithmes est assuré par la société espagnole Quibim et la société belge Robovision : « Les algorithmes seront testés et comparés lors d’un hackathon qui permettra de déterminer lequel est le plus efficace », détaille le président de l’EuSoMII.

De premiers algorithmes fin avril

Les premiers résultats sont attendus pour fin avril, indique Erik Ranschaert : « Nous espérons collecter suffisamment d’images d’ici deux à trois semaines, et l’entraînement de l’algorithme va prendre environ une semaine. Nous avons une équipe très enthousiaste et nous faisons tout ce que nous pouvons pour avancer. C’est le moment optimal pour déployer ce projet. »

Une initiative similaire en France

En France, la Société française de radiologie (SFR) et le Collège des enseignants en radiologie de France (CERF) ont lancé l’initiative RÉSEAU COVID-19 IMAGERIE qui consiste à réaliser une veille sanitaire dans le pays, ainsi qu’en Suisse et en Belgique afin de monitorer l’activité COVID au sein des structures d’imagerie. « Ce recueil est complémentaire de la base de données de dossiers scanographiques en cours de constitution par la SFR et le CERF qui serviront à développer des algorithmes d’aide aux diagnostics ou au pronostic, ainsi qu’à une meilleure connaissance des formes cliniques et scanographiques », indique la SFR.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Le fil Docteur Imago

20 Mar

7:11

Une enquête menée par la société européenne d'imagerie mammaire (EUSOBI) démontre que, malgré des aspects procéduraux très variés dans la biopsie mammaire à aiguille centrale guidée par échographie, des niveaux de stérilité perçus plus élevés ne sont pas associés à une diminution des infections. L'étude met en lumière l'importance de réduire en toute sécurité l’utilisation des ressources et l’impact environnemental.
19 Mar

16:00

La réponse de perfusion à l’adénosine semble être spécifique à chaque organe, conclut une étude parue dans JNM. L’adénosine augmente la perfusion au niveau du cœur, du foie, du côlon et du duodénum, tandis que la perfusion est réduite par l’adénosine dans le cerveau, la rate, les reins, le muscle squelettique et l’os, écrivent les chercheurs.

13:25

La présentation est la clé d'une bonne compréhension des comptes rendus d'imagerie « patient-friendly », conclut une étude présentée dans JACR. Les formats « traduction complète » et « basé sur les phrases », associant des sources pour vérifier les informations sont plus efficaces qu'une simple définition des termes techniques.

7:10

Dans une étude évaluant les niveaux de référence en doses de radiation et les indicateurs de qualité d’image dans les protocoles d’imagerie thorax-abdomen en unité de soins intensifs néonatals,  des chercheurs relève que les nouveau-nés pesant entre 1000 et 1 499 g et 1 500 à 2499 g avaient des doses cutanées inférieures à celles des nouveau-nés pesant moins de 1 000 g.

Docteur Imago

GRATUIT
VOIR