Imagerie thoracique après radiothérapie

Du verre dépoli à la fibrose : les visages du poumon irradié

icon réservé aux abonnésArticle réservé aux abonnés
Paul Habert Le 25/02/26 à 15:00, mise à jour le 08/07/26 à 9:46 Lecture 10 min.

Résumé

Les atteintes pulmonaires post-radiothérapie (Radiation-Induced Lung Injury ou RILI) constituent une complication fréquente mais souvent difficile à appréhender dans le cadre du traitement des tumeurs pulmonaires. Elles englobent un spectre évolutif large allant de la pneumonie radique aiguë à la fibrose chronique. Le radiologue joue un rôle central dans leur reconnaissance, grâce à une analyse attentive des signes tomodensitométriques, de leur chronologie par rapport à la date de fin du traitement et de leur correspondance avec le volume irradié. Il est indispensable d’identifier rapidement un traitement incomplet ou une récidive locale, en évitant les pièges liés à l’évolution naturelle de la RILI et les diagnostics différentiels.

Introduction

La radiothérapie thoracique est une des armes du traitement des cancers pulmonaires, mammaires, médiastinaux ou de la paroi thoracique. Malgré les progrès des techniques de modulation d’intensité ou de radiothérapie stéréotaxique, le tissu pulmonaire reste sensible aux effets délétères des rayonnements ionisants. Les complications (Radiation-Induced Lung Injury ou RILI) recouvrent un continuum de lésions inflammatoires et fibrotiques pouvant simuler une infection, une récidive ou une toxicité médicamenteuse. La reconnaissance des images typiques et de leur chronologie par rapport à la date de fin du traitement constitue la clé du diagnostic d’évolution favorable post-thérapeutique, ou de récidive locale. L’enjeu étant de taille pour le patient.

De l’inflammation à la fibrose : bases physiopathologiques

L’irradiation pulmonaire provoque une lésion tissulaire directe, liée à la production d’espèces réactives de l’oxygène et à l’activation de cascades inflammatoires. Les pneumoc

Il vous reste 93% de l’article à lire

Docteur Imago réserve cet article à ses abonnés

S'abonner à l'édition
  • Tous les contenus « abonnés » en illimité
  • Le journal numérique en avant-première
  • Newsletters exclusives, club abonnés

Abonnez-vous !

Docteur Imago en illimité sur desktop, tablette, smartphone, une offre 100% numérique

Offre mensuelle 100 % numérique

23 €

par mois

S’abonner à Docteur Imago

Notes

L'auteur remercie Audrey Zaccariotto, radiothérapeute, et Basile Puech, radiologue, pour leur relecture du manuscrit de cet article

Auteurs

Paul Habert

Radiologue diagnostique et interventionnel CHU Hôpital Nord - Assistance publique – Hôpitaux de Marseille Marseille

Aix Marseille Univ, LIIE et CERIMED

Marseille

Déclaration des liens d'intérêts

Aucun lien d’intérêts déclaré par le(s) auteur(s) de cet article.

Bibliographie

  1. Roy S, Salerno KE, Citrin DE (2021) Biology of Radiation-Induced Lung Injury. Seminars in Radiation Oncology 31:155–161. https://doi.org/10.1016/j.semradonc.2020.11.006.
  2. Kimura T, Matsuura K, Murakami Y, et al (2006) CT appearance of radiation injury of the lung and clinical symptoms after stereotactic body radiation therapy (SBRT) for lung cancers: Are patients with pulmonary emphysema also candidates for SBRT for lung cancers? International Journal of Radiation Oncology*Biology*Physics 66:483–491. https://doi.org/10.1016/j.ijrobp.2006.05.008.
  3. Wang F, Wang L, Yang H, et al (2025) Radiation-induced Lung Injury CT Features: Early Non-Small Cell Lung Cancer SBRT Prognosticators. CMIR 21:e15734056388161. https://doi.org/10.2174/0115734056388161250320055401.
  4. Kondo N, Yoshiura T, Kakinohana Y, et al (2025) Risk factors for radiation-induced rib fractures following proton beam therapy for stage I non-small cell lung cancer: a retrospective study. BMC Cancer 25:682. https://doi.org/10.1186/s12885-025-14047-6.
  5. Kim T-H, Woo S, Halpenny DF, et al (2020) Can high-risk CT features suggest local recurrence after stereotactic body radiation therapy for lung cancer? A systematic review and meta-analysis. European Journal of Radiology 127:108978. https://doi.org/10.1016/j.ejrad.2020.108978.

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

23 Juil

17:19

Le protocole d’IRM du genou 3T de 7 minutes avec reconstruction par apprentissage profond (DLR) offre une excellente qualité d’image et une très bonne performance diagnostique. Par rapport à l’arthroscopie, il détecte avec précision les lésions méniscales, ligamentaires et cartilagineuses. (étude)

11:45

Une nouvelle IRM 3T a été inaugurée le vendredi 26 juin dernier par la plateforme Neurinfo, spécialisée dans l'imagerie humaine in vivo et la neuroinformatique, annonce un communiqué.

7:45

La medtech Neko Health, lève 700 millions de dollars en série C pour accélérer son expansion, notamment aux États-Unis, et développer son modèle de santé préventive. Plus de 100 000 personnes ont déjà bénéficié de son scan de dépistage, annonce un communiqué de la firme.
21 Juil

17:00

Combiner une séquence intracrânienne et intraspinale pondérée T1 avec contraste et une séquence intracrânienne pondérée en diffusion améliore l'évaluation de la réponse tumorale chez des patients atteints de médulloblastome traités par thérapie antiangiogénique métronomique. Étude.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR