Histoire

La bonnette du Dr Bouchacourt a 100 ans

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Nicolas Foray Le 28/04/23 à 15:00, mise à jour le 08/09/23 à 18:50 Lecture 7min.

Léon Bouchacourt fut l’inventeur d’un grand nombre de techniques et d’objets utiles pour le radiologue. En particulier, il développa un écran fluorescent portable qui libéra les mains du chirurgien pour opérer sous radioscopie, la bonnette. Avec l'autorisation de la famille Bouchacourt et des Hospices civils de Lyon.

Résumé

Léon Bouchacourt (1865-1949) fut un grand pionnier de la radiologie malheureusement méconnu. Non seulement il rédigea la première thèse de médecine concernant les rayons X mais surtout, il fut l’inventeur d’un grand nombre de techniques et d’objets utiles pour le radiologue. En particulier, il développa un écran fluorescent portable qui libéra les mains du chirurgien pour opérer sous radioscopie, la bonnette. La Première Guerre mondiale, à laquelle il prit une part active comme commandant d’une des voitures radiologiques, contribua à améliorer sa bonnette qui devint très vite un outil indispensable à la chirurgie et à la radiologie de guerre. Les derniers développements de la bonnette du Dr Bouchacourt datent de 1922.

Léon Bouchacourt naît le 23 juin 1865 à Lyon. Son père, Antoine, est un grand chirurgien obstétricien qui introduisit le premier l’anesthésie en chirurgie obstétrique et fut également le premier à pratiquer une césarienne sous anesthésie en 1851. Alors qu’une brillante carrière d’obstétricien s’ouvre à lui, Léon Bouchacourt doit modifier ce cursus imposé par son père à cause de deux événements majeurs mondiaux : la découverte des rayons X en 1895 et la guerre de 1914-1918.
En 1894, se méfiant de ses collègues lyonnais, Antoine Bouchacourt envoie Léon à Paris où il devient interne. C’est pendant cette période que Léon Bouchacourt croise Jean-Baptiste Charcot, futur explorateur polaire, fils de Jean-Martin Charcot, célèbre neurologue. Trois ans plus tard, il rentre à la clinique Tarnier, dans le service du Pr Pierre-Constant Budin, l’un des premiers pédiatres de son temps, qui imposa les mesures d’hygiène essentielles pour la mère et le jeune enfant. Mais en décembre 1895, la découverte d

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Auteurs

Nicolas Foray

Directeur de recherche INSERM

Unité INSERM UA8 « Radiations : Défense, Santé, Environnement »

Centre Léon-Bérard

Lyon

Bibliographie

  1. Bouchacourt L., Thèse de médecine : De l’exploration des organes internes à l’aide de la lumière éclairante et non éclairante : endoscopie par les rayons de Röntgen, Université de Paris, Paris, France, 1898.
  2. Bouchacourt L., Titres et travaux scientifiques pour l’agrégation de chirurgie, section d’accouchements, Société d’obstétrique, Paris, France, 1901.
  3. Delorme, E. D., Les enseignements chirurgicaux de la grande guerre (Front occidental). Maloine: Paris, France, 1919.
  4. Pallardy G., Pallardy M.-J., Wackenheim A., Histoire illustrée de la radiologie. Editions Roger Da Costa, Paris, 1989.
  5. Nahum H., « La Société Française de Radiologie fête ses 100 ans », Journal de Radiologie, février 2009, vol. 90, n° 2, p. 170-171. DOI : JR-02-2009-90-2-0221-0363-101019-200813001.
  6. Bouchacourt L., « Méthode d’extraction des projectiles basée sur le contrôle radioscopique de leur situation exacte pendant tous les temps de l’acte opératoire », Bulletin de l’Académie de médecine, 1915, vol. 74, p. 128-130.
  7. Curie M., Curie I., Marie et Irène Curie. Correspondance (1905-1934), Les Éditeurs Français Réunis, Paris, 1974.
  8. Himbert M.-N., Marie Curie. Portrait d’une femme engagée 1914-1918, Actes Sud, Paris, 2014.
  9. Présentation d’une bonnette à doubles images simultanées de face et de profil, pour la réduction des fractures et des luxations, sous contrôle radiographique et la vérification au lit des malades, 11 mai 1920, Archives d’électricité médicale, 1920.
  10. Mauclaire P., Bouchacourt L., « Radioscopie Chirurgicale », Baillière, Paris, France, 1921.

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