Docteur Imago / Pourquoi avoir accepté l’invitation à la rédaction en chef de Docteur Imago ?

Alain Luciani / Nous vivons dans un monde d’information et de communication. Il me semble essentiel que nous, radiologues, contribuions à mieux échanger les informations dans le domaine de l’imagerie médicale en France. De plus, cette participation est en phase avec les Journées francophones de radiologie, dont je suis le président en 2020.

D. I. / L’après-crise sanitaire représente-elle un bon moment pour cela ?

A. L. / Oui. C’est une période idéale pour se poser sur les actions engagées par la profession au sens large. Il s’agit de réfléchir au sens de nos métiers et aux suites à donner à cette crise. C’est la logique que je souhaite développer dans la prochaine édition de Docteur Imago.

D. I. / Quel thème principal avez-vous retenu pour le magazine ?

A. L. / Après discussion avec la rédaction, j’ai décidé de parler de l’expérience patient, qui décrit le ressenti du patient dans son parcours de prise en charge. C’est un thème institutionnel dans les hôpitaux, mais qui n’apporte aucun prisme spécifique à l’imagerie médicale. Pourtant, c’est important dans notre discipline. Nous aborderons notamment le contact avec le patient, qui doit être simple et interactif, la réflexion architecturale, qui doit répondre à des exigences de confort et de sécurité sanitaire, mais aussi l’évaluation du parcours du patient. Aujourd’hui, celle-ci n’intervient qu’en cas de mauvaise expérience : nous avons besoin de mesurer la satisfaction. Le bien-être des patients permet d’améliorer la qualité des examens réalisés.

D. I. / Vous souhaitez également évoquer l’innovation et son transfert rapide dans les soins…

A. L. / Oui. Il manque aujourd’hui des actes innovants à créer. Nous parlerons notamment de l’IRM corps entier, qui doit être amenée à se développer, notamment en pédiatrie et en oncologie.

D. I. / Quelle place représente l’information professionnelle en radiologie ?

A. L. / Elle est fondamentale, d’abord entre les radiologues : nous devons partager l’information entre nous. C’est la raison pour laquelle nous publierons un long entretien avec Louis Boyer, le président du conseil national professionnel de la radiologie. Par ailleurs, la communauté de l’imagerie médicale doit parler aux autres communautés, qu’elles soient scientifiques, technologiques ou sociétales. C’est aussi un des rôles des Journées francophones de radiologie. En particulier, l’échange avec les patients doit être renforcé : nous y travaillons avec un groupe dédié de la Société française de radiologie.

D. I. / Comment se sont passés les premiers échanges avec la rédaction ?

A. L. / Il n’est pas évident d’intégrer une rédaction, mais celle de Docteur Imago m’a accordé sa confiance et je l’en remercie. J’ai constaté qu’il n’est pas facile de sélectionner l’information. Cela crée de la frustration de ne pas pouvoir tout partager sur le magazine papier, mais cela me rassure de savoir qu’elle peut l’être dans le support numérique. Cela correspond d’ailleurs à la philosophie de cette édition des JFR, qui sera à la fois présentielle et numérique.

Benjamin BASSEREAU