Maladies gynécologiques

Apport de l’IRM pour le diagnostic de l’endométriose

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Alexandre Bellucci et Corinne BORDONNÉ Le 11/02/21 à 8:00, mise à jour le 28/09/23 à 15:10 Lecture 20 min.

Bien que le gold standard pour le diagnostic d’endométriose soit l’analyse histologique, il est maintenant admis par plusieurs équipes que la combinaison de l’examen clinique, du bilan d’imagerie et de la réponse au traitement est considérée comme une méthode diagnostique fiable et suffisante © Bordonné C., Bellucci A.

Résumé

L’endométriose est une pathologie de la femme en âge de procréer fréquente, polymorphe, pouvant être responsable de douleurs, et/ou d’infertilité. Les localisations des lésions endométriosiques peuvent être variables. Elles peuvent toucher les ovaires, les trompes, le péritoine, mais également le système digestif, urinaire, nerveux, le diaphragme, ou la paroi. Il existe 3 phénotypes principaux : endométriose péritonéale superficielle, endométriose profonde infiltrante, et endométriomes (kystes endométriosiques ovariens). Chaque forme peut exister indépendamment ou coexister. L’endométriose superficielle est la forme la moins sévère de la maladie. Elle est la plupart du temps difficile à visualiser car les lésions sont de faible taille, millimétrique, et peu fibreuses.
Un protocole IRM précis et adapté est recommandé afin d’établir un diagnostic précis et exhaustif des lésions d’endométriose.

Introduction

L’endométriose est une pathologie fréquente, touchant près de 10 % des femmes en période d’activité génitale [1]. Bien que cette pathologie soit ancienne et que sa première description remonte à la moitié du XIXe siècle, ses symptômes étaient alors identifiés sous de terme de « crise d’hystérie » (en référence à l’organe « utérus » dans la langue latine) [2]. Ce n'est que bien plus tard que cette expression a été confondue avec le trouble de la personnalité hystérique puis vulgarisée, ce qui a probablement participé au désintérêt médicosocial pour cette pathologie. Le regain d’intérêt récent des médias pour l’endométriose, conséquence de son appropriation par les femmes, a permis de dynamiser la recherche sur son origine, son évolution, ses conséquences et son traitement. Pour autant, les connaissances restent très imparfaites, que ce soit sur son origine ou sur la thérapeutique la plus adaptée.

8 ans en moyenne pour un diagnostic

L’endométriose est définie par la prése

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Auteurs

Alexandre Bellucci

Radiologue Hôpital européen Georges-Pompidou Assistance publique - Hôpitaux de Paris

Corinne BORDONNÉ

Radiologue CHU Hôtel-Dieu Assistance publique-Hôpitaux de Paris

Bibliographie

  1. Koninckx P. R., Ussia A., Adamyan L. et coll., « The epidemiology of endometriosis is poorly known as the pathophysiology and diagnosis are unclear », Best Practice & Research Clinical Obstetrics & Gynaecology, septembre 2020, sous presse. DOI : 10.1016/j.bpobgyn.2020.08.005.
  2. Nezhat C., Nezhat F., Nezhat C., « Endometriosis: ancient disease, ancient treatments », Fertility and Sterility, décembre 2012, vol. 98, n° 6, S1-62. DOI : 10.1016/j.fertnstert.2012.08.001.
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  21. Bazot M., Kermarrec E., Bendifallah S. et coll., « MRI of intestinal endometriosis », Best Practice & Research Clinical Obstetrics & Gynaecology, juin 2020, sous presse. DOI : 10.1016/j.bpobgyn.2020.05.013.
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