Réforme des produits de contraste à l'hôpital

« Il y a eu une anticipation assez importante »

À l'hôpital Béclère à Clamart, la pharmacie à usage intérieur fournit les produits de contraste en scanner et IRM aux patients internes et externes depuis la réforme du 1er mars 2024. Selon les professionnels de santé de l'établissement, cette gestion améliore la communication entre la pharmacie et le service de radiologie ainsi que la gestion des stocks.

Le 03/06/24 à 15:00, mise à jour le 05/06/24 à 10:47 Lecture 2 min.

La nouvelle organisation présente de nombreux points positifs, selon les professionnels de santé de l’hôpital Béclère (phot d'illustration). © Jérôme Hoff

Dans les établissements de santé publics, depuis l’entrée en vigueur le 1er mars 2024 de la réforme des produits de contraste, et comme le prévoit l’article L5126-1 du Code de la santé publique, il revient aux pharmacies à usage intérieur (PUI) d’approvisionner l’ensemble des patients, y compris les patients externes.

Une période de transition pour estimer les besoins

À l’hôpital Béclère, à Clamart (92), les deux circuits, officinal et public, ont coexisté durant une période de transition entre début mars et début avril, explique Ratiba Haddad, pharmacienne. « Avant la mise en place du circuit exclusif, nous avons travaillé en collaboration avec les services de radiologie pour estimer les besoins, afin de préparer le circuit d’approvisionnement et d’augmenter nos stocks au niveau de la pharmacie pour pouvoir répondre à la demande du service », indique-t-elle. « Pour l’estimation des besoins, nous avons regardé notre archivage pour estimer combien de patients étaient pris en charge par an et la proportion des patients injectés en nous concentrant sur les patients externes, puisque les hospitalisés étaient de toute façon déjà fournis par la pharmacie », ajoute Laurence Rocher, radiologue.

Une meilleure traçabilité

La nouvelle organisation présente de nombreux points positifs, selon Ratiba Haddad : meilleur niveau de qualité dans la prise en charge du patient, sécurité et traçabilité du médicament en interne. « Le double circuit nous avait toujours perturbés parce qu’en termes de pharmacovigilance, nous ne maîtrisions pas le flux d’approvisionnement des patients externes », indique-t-elle. « Puis, quand le patient arrivait et que nous nous rendions compte que son scanner n’avait pas besoin d’être injecté, le produit avait été acheté pour rien et il y avait du gâchis », ajoute Laurence Rocher.

Une gestion plus fluide des PDC

Cette réforme a permis de fluidifier la prise en charge par les manipulateurs, note Ratiba Haddad. « Aujourd’hui, ils se retrouvent avec un seul type de produit. C’est bénéfique, plus pratique et plus sécurisant », souligne-t-elle. La gestion des stocks s’en trouve également améliorée, indique Lydie Berthenet, cadre de santé. « Nous n’avons jamais eu de rupture de stock. Avant, les pharmacies nous appelaient parfois en disant : « Nous n’avons pas tel produit », et c’était anxiogène pour le patient », se souvient-elle.

Une collaboration avec la PUI

L’organisation, en étroite collaboration entre l’imagerie et la PUI, a été capitale pour permettre une meilleure communication et ainsi anticiper la mise en œuvre de la réforme, témoignent les professionnelles de santé. « Il y a eu quand même une anticipation assez importante, reconnaît Ratiba Haddad. Cette réforme, nous en avions entendu parler déjà l’année dernière. Nous avions donc déjà commencé à travailler. En ce qui me concerne, au niveau de la pharmacie, j’avais déjà une idée des flux et du volume. Ce qui fait que nous avons vraiment bien répondu à la nouvelle organisation », félicite la pharmacienne. « Nous avons décidé en plus d’améliorer nos connaissances mutuelles sur les produits de contraste, annonce Laurence Rocher. Cela va nous permettre aussi d’améliorer notre juste prescription. »

Auteurs

Solenn Duplessy

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