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Une start-up française booste les ultrasons pour l’imagerie de l’AVC

La société française Resolve Stroke développe un outil d’imagerie capable d’acquérir de nouvelles données ultrasonores et de visualiser les micro et macrovaisseaux cérébraux en 3D. Il pourrait constituer une modalité supplémentaire pour la prise en charge de l’AVC.

Le 06/11/23 à 15:00, mise à jour le 07/11/23 à 15:23 Lecture 2 min.
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La start-up Resolve Stroke développe actuellement une technologie ultrasonore pour imager les vaisseaux cérébraux en 3D. © Cyril FRESILLON / Resolve Stroke / LIB / Sorbonne univ. / Inserm / CNRS Images

Et si les ultrasons avaient un rôle à jouer dans le diagnostic de l’accident vasculaire cérébral (AVC) ? Tel est le pari de la start-up française Resolve Stroke, qui développe une technologie ultrasonore, en particulier pour des applications neurologiques. L’idée est d’imager les vaisseaux cérébraux en 3D en quelques minutes, promet la société. Resolve ambitionne ainsi d’élargir les applications de l’imagerie macro et microvasculaire « en améliorant le contraste, la résolution et la profondeur de pénétration des ultrasons ».

Les données à la source

Créée en 2022, la start-up est un « spin-off » du laboratoire d’imagerie biomédicale de Sorbonne université, CNRS et INSERM, et bénéficie de plus de 15 ans de recherche en physique fondamentale. L’intérêt de la technologie Resolve réside notamment dans l’ampleur des informations extraites des ultrasons. « On numérise les données dès la source pour conserver leur richesse et on applique de nombreux algorithmes aux données ultrasonores, explique Aritz Zamacola, CEO et cofondateur de la société. Avec ces données, la recherche en physique fondamentale a démontré qu’il était possible de voir les vaisseaux cérébraux en 3D de façon beaucoup plus résolue et contrastée qu’avec le Doppler transcrânien. »

Un outil supplémentaire

Ces technologies ont déjà fait l’objet de plusieurs études chez l’animal et de preuves de concept chez l’homme. Elles pourraient notamment trouver une application pour le diagnostic de l’AVC. « Nous ne prétendons pas remplacer l’IRM ou le scanner, mais c’est une technologie accessible en termes de prix et d’utilisation. Les ultrasons au chevet du patient sont un outil supplémentaire qui accélère la prise en charge », indique Aritz Zamacola.

Premier essai clinique d’ici début 2024

2023 est une année charnière pour la société puisque son outil sera bientôt testé en contexte clinique au CHU de Caen (14). « Cela permettra de recueillir les données clés pour alimenter les algorithmes », espère le dirigeant de la société. Et pour accélérer son développement, Resolve vient de réaliser une levée de fonds de 2,2 millions d’euros. L’objectif est d’obtenir à terme le marquage CE pour commercialiser le dispositif.

Des heures précieuses pour le patient

« Les ultrasons ne sont pas si limités qu’on le pense, souligne Aritz Zamacola. La recherche montre qu’on peut les améliorer, tout en conservant leurs caractéristiques de portabilité et d’accessibilité. Cela permet de combler des trous dans la raquette car y a plein d’endroits en médecine où l’on ne peut pas avoir de scanner et d’IRM, par exemple dans les ambulances. » Outre les ambulances, le dispositif pourrait être utilisé dans les services d’urgences, au chevet du patient en neuroréanimation ou dans des centres de rééducation pour monitorer la récupération après un AVC : « Cela permet au médecin d’accélérer son diagnostic et faire gagner des heures précieuses au patient », assure Aritz Zamacola.

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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