Réactions

L’AFPPE et la CGT réagissent au décret d’actes des manipulateurs

Le 5 décembre 2016, le Gouvernement a signé le décret qui redéfinit les conditions de travail des manipulateurs d’électroradiologie médicale, en mettant fin à la surveillance systématique de leurs actes par le médecin. Pour l’AFPPE, qui a participé à sa réaction, ce texte ne fait qu’inscrire dans la loi un état de fait. De son côté, la CGT redoute les effets d’une mesure destinée à compenser la pénurie de radiologues.

Le 22/12/16 à 17:03, mise à jour aujourd'hui à 14:40 Lecture 2 min.

« La mention de la surveillance directe du médecin était un vrai carcan », estime Fabien Voix, président de l’Association française des manipulateurs d’électroradiologie médicale. V. F.

Il était attendu. Paru au Journal officiel le 6 décembre 2016, le nouveau décret « relatif aux actes et activités réalisés par les manipulateurs d’électroradiologie médicale » modifie les conditions d’exercice du métier : désormais, les manips, ne travailleront plus de manière systématique « sous la surveillance d’un médecin en mesure d’intervenir immédiatement ». Bonne ou mauvaise nouvelle ? La réponse varie selon les acteurs de l’imagerie médicale.

Pour l’AFPPE, la mise à jour d’un texte obsolète

L’Association française du personnel paramédical d’électroradiologie a participé à la rédaction du nouveau texte. Pour Fabien Voix, son président, il est la mise à jour logique d’une loi obsolète. « L’ancien décret était en décalage complet avec la réalité du terrain puisqu’il mentionnait que le manipulateur devait travailler sous la surveillance d’un médecin. Heureusement qu’il n’était pas appliqué à la lettre, sinon il n’y aurait pas eu beaucoup de situations où les manips auraient pu travailler», ironise-t-il. Il s’agissait donc d’enregistrer un état de fait, à savoir l’autonomie grandissante du manipulateur. «Avec le développement de la téléradiologie et l’arrivée de la radio dans tous les services d’urgence, il y a de nombreux cas de figure où le radiologue et l’urgentiste ne sont pas présents. Dans le nouveau décret, nous avons donc enlevé ce libellé de surveillance directe du médecin, qui était un vrai carcan. Il a fallu définir les différentes tâches que le manip pouvait faire seul, avec un médecin dans le service, ou avec un médecin présent, ce qui était déjà la façon dont on s’organisait sans que cela soit écrit.» Aux manipulateurs soucieux de savoir de manière précise ce qu’ils peuvent faire et dans quelles circonstances, le président de l’AFPPE rappelle le rôle de la hiérarchie : «Ils doivent exiger de leur encadrement d’avoir des guides de bonnes pratiques et des protocoles écrits auxquels se référer.»

La CGT redoute une dégradation des conditions de travail

Autre son de cloche du côté de la CGT-UFMICT (Union fédérale Médecins, ingénieurs, cadres, techniciens). Si le syndicat reconnaît la nécessité de «dépoussiérer» les textes législatifs, il se déclare aussi inquiet pour les conditions de travail des manipulateurs : «De nombreuses interrogations demeurent quant aux nouvelles propositions d’exercice professionnel qui vont être imposées aux manipulatrices et manipulateurs radio», déclare un communiqué. Sans nul doute, la pénurie de radiologues, que nous subissons quotidiennement dans nos établissements, a pesé fortement dans certaines décisions.» Conséquence du manque de médecins, c’est la progression de la téléradiologie qui est particulièrement redoutée : «L’officialisation de procédures, de protocoles fera que les MER, mais aussi les patients ne seront plus en contact direct avec les radiologues. Nous assistons à une désertification organisée des radiologues dans les services d’imagerie», s’indigne la CGT. Dans ce contexte, le syndicat estime que les MER se voient attribuer «de plus en plus de responsabilités sans aucune reconnaissance» : «La CGT ne rappellera jamais assez que la pénurie médicale a été créée volontairement pour justement reporter sur les paramédicaux des actes, ceci à moindre coût et sans reconnaissance salariale pour ces professionnels.»

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

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