Imagerie moléculaire

IRM et médecine nucléaire se complètent dans le diagnostic des tumeurs cérébrales

Les Journées francophones de médecine nucléaire, qui se déroulaient à Nantes du 18 au 21 mai, ont été l’occasion pour les spécialistes présents d’évoquer les bénéfices d’une approche multimodale dans la prise en charge des patients atteints de tumeurs cérébrales. Dans ce domaine, l’imagerie médicale et la médecine nucléaire sont complémentaires.

Le 01/06/17 à 11:00, mise à jour aujourd'hui à 15:18 Lecture 2 min.

Aux JFMN, Éric Guedj a évoqué la valeur ajoutée de la médecine nucléaire pour caractériser les tumeurs. © C. F.

Pour diagnostiquer les tumeurs cérébrales, l’imagerie moléculaire et métabolique est un outil déterminant, comme l’explique, lors des Journées francophones de médecine nucléaire qui ont eu lieu à Nantes (44), Éric Guedj, médecin nucléaire à l’hôpital de la Timone à Marseille. « Les tumeurs cérébrales sont très différentes les unes des autres, avec des profils à la fois biologiques et moléculaires hétérogènes, annonce-t-il. L’imagerie telle que nous la réalisons en médecine nucléaire va donc permettre de mieux caractériser l’hétérogénéité tumorale. C’est un paramètre important pour classifier les patients et pour donner une valeur pronostic ». Le médecin marseillais indique que des essais en cours laissent penser que ce type d’examen permettrait également de mieux orienter les thérapeutiques : « C’est tout l’enjeu de l’imagerie moléculaire des tumeurs cérébrales, remarque-t-il. À partir de cette meilleure caractérisation, on peut essayer de proposer des traitements beaucoup plus adaptés au patient en fonction de son profil et d’évaluer l’efficacité de ces traitements ».

Une approche multimodale

La prise en charge des tumeurs cérébrales est un domaine où les problématiques sont complexes : « Les tumeurs cérébrales évoluent très rapidement et les traitements qui sont administrés – chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie – vont eux-mêmes induire des modifications morphologiques et structurales », constate Éric Guedj. À l’IRM, ces modifications sont parfois compliquées à interpréter : « Il est difficile de faire la part des choses entre ce qui relève de modifications post-thérapeutiques et d’une évolution de la maladie ». Dans ce contexte, une complémentarité entre l’IRM et la médecine nucléaire s’impose. « On est dans une approche qui est multimodale. Avec l’IRM, il y a beaucoup de possibilités notamment avec la perfusion, la spectroscopie », poursuit-il.

L’IRM reste le gold standard

De son côté, Pierre Payoux, médecin nucléaire au CHU de Toulouse partage cette vision de la coexistence des deux modalités. Pour lui, l’IRM reste la référence, cependant la médecine nucléaire peut apporter des précisions essentielles : « Quand il y existe un doute sur l’IRM, on sécurise le diagnostic avec l’imagerie moléculaire, indique-t-il. On l’utilise en deuxième recours. Le gold standard c’est l’IRM, ensuite s’il y a quelque chose de suspect ou si l’état du malade s’aggrave alors que l’IRM indique que c’est de bas grade, là on fait appel à la médecine nucléaire. » L’apport d’informations dépend aussi du type de tumeur : « Les tumeurs de grade II prennent un peu le contraste, mais pas beaucoup, dans ce cas la médecine nucléaire peut aider », assure Pierre Payoux.

 

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

18 Sep

16:20

Le rapport entre graisse viscérale et graisse sous-cutanée (VSR), calculé automatiquement à partir de la TDM, pourrait constituer un marqueur d’imagerie simple qui améliore l’évaluation du risque au-delà des variables cliniques et facilite l’identification des patients atteints de sepsis à haut risque, selon une étude.  

14:00

Dans une étude, des chercheurs mettent en place une méthode non invasive et reproductible de personnalisation des prothèses mammaires à partir d’IRM et d’outils open source, permettant une mesure volumétrique précise. Elle relie les volumes mammaires aux tailles commerciales de prothèses tout en préservant la confidentialité et en évitant l’exposition physique postopératoire.

7:24

Des chercheurs de l’UNC ont développé SORDINO, une nouvelle technique d’IRM fonctionnelle qui réduit fortement le bruit et les interférences pendant les examens. Cette technique produit des images cérébrales  plus précises et pourrait faciliter les recherches en neurosciences ainsi que les avancées en IRM humaine, indique un communiqué.
17 Sep

17:30

Une étude a développé un modèle d’intelligence artificielle capable de détecter le pneumothorax sur les radiographies thoraciques en décubitus des nouveau-nés, avec une excellente performance diagnostique.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR