Congrès européen de radiologie

Le scanner pour reconnaître les victimes de catastrophes

Lors du dernier Congrès européen de radiologie, un spécialiste belge a expliqué comment les médecins légistes utilisent l’imagerie médicale, et surtout le scanner, pour identifier les victimes d’attentats ou de catastrophes.

Le 06/03/17 à 18:05, mise à jour aujourd'hui à 15:22 Lecture 1 min.

« Les examens de scanner ont permis d'identifier les masses corporelles retrouvées après le crash du vol MH17 en 2014 », explique Wim Develter, spécialiste en médecine légale. © C. F.

Au même titre que la génétique et l’odontologie, l’imagerie médicale est cruciale pour identifier les victimes d’attentats ou de diverses catastrophes. Lors d’une session du Congrès européen de radiologie (ECR), qui s’est tenu à Vienne du 1er eu 5 mars, Wim Develter, spécialiste en médecine légale à l’Université de Louvain, en Belgique, a évoqué deux expériences en la matière. La première est celle du crash du vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines, abattu en vol au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014 : « L’imagerie a permis d’orienter les pathologistes car, parfois, il fallait identifier des « masses corporelles », rapporte-t-il. On peut imaginer que, lorsqu’un avion s’écrase alors qu’il transportait un enfant assis sur les genoux de ses parents, les corps fusionnent. Il devient alors impossible de distinguer si ce sont une, deux ou trois personnes. Grâce à l’imagerie, nous avons pu voir ce que contenaient ces « masses corporelles. »

Expliquer les circonstances du décès

En matière de catastrophe, la Belgique a elle-même connu un épisode tragique, avec les attentats terroristes de Bruxelles en mars 2016. Là encore, l’utilisation de l’imagerie post mortem a permis de répondre à de nombreuses interrogations : « Les familles des victimes voulaient savoir comment leurs proches étaient décédés et s’ils avaient souffert. Au lieu de photos d’autopsie, nous leur avons montré des images du scanner, explique Wim Develter. À l’aéroport de Bruxelles, la quasi-totalité des victimes sont mortes de traumatismes crâniens par perforation. Quand on montre les images scanographiques aux proches, on peut leur expliquer que les personnes sont mortes sur le coup et n’ont pas pu se rendre compte de l’explosion. Ce fut un outil très utile pendant nos conversations avec les familles. »

Auteurs

Carla Ferrand

Journaliste cheffe de rubrique

Voir la fiche de l’auteur

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

17 Sep

17:30

Une étude a développé un modèle d’intelligence artificielle capable de détecter le pneumothorax sur les radiographies thoraciques en décubitus des nouveau-nés, avec une excellente performance diagnostique.

11:30

Une étude démontre qu’un modèle de deep learning appliqué à l’IRM permet de prédire de manière non invasive les quatre sous-types moléculaires des PitNETs avant la chirurgie.

7:30

Le cabinet médical de La Chaise-Dieu a inauguré ses nouveaux locaux, financés sur fonds privés, avec la perspective d’y installer prochainement un service de radiologie. Prévu d’ici la fin de l’année, cet équipement doit faciliter la prise en charge des traumatismes et examens courants, tout en limitant les déplacements des habitants et résidents des Ehpad, informe leveil.fr.

16 Sep

15:56

La répétition d'angioscanners pulmonaires après un examen négatif aux urgences serait moins efficace sur le plan diagnostique que l'imagerie initiale (étude).
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR