Pathologies gynécologiques

L’endométriose pariétale, du diagnostic à la cryoablation

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Milan Najdawi Le 26/12/22 à 8:00, mise à jour le 27/09/23 à 15:01 Lecture 21 min.

Le développement de la cryoablation percutanée, utilisée en oncologie interventionnelle, a permis une nouvelle proposition thérapeutique. Les résultats dans la littérature montrent une efficacité remarquable, avec un faible taux de récidive et de complication. © Milan Najdawi

Résumé

L’endométriose pariétale est l’une des formes les moins connues d’endométriose. Sa symptomatologie est largement dominée par la douleur, impactant fortement la qualité de vie des patientes. Deux étiologies sont retrouvées : iatrogène et non iatrogène. Le couple échographie-IRM est indispensable au diagnostic et à la cartographie précise de l’atteinte. L’IRM permet de distinguer deux formes d’endométriose pariétale : nodulaire et infiltrante. Le développement de la cryoablation percutanée, utilisée en oncologie interventionnelle, a permis une nouvelle proposition thérapeutique. Les résultats dans la littérature montrent une efficacité remarquable, avec un faible taux de récidive et de complication. Un plateau de radiologie interventionnelle avancée permet de réaliser ce geste dans des conditions optimales de confort et de sécurité. La majeure partie de l’intervention est consacrée à protéger au maximum les structures à risques, peau, tube digestif, nerfs, vessie, utérus, grâce à des techniques telles que l’hydrodissection ou la carbodissection. La surveillance postinterventionnelle est clinique et une IRM de suivi peut être proposée entre 1 et 3 mois suivant le geste.

Épidémiologie

L’endométriose est un enjeu de santé publique et sociétal majeur qui touche une femme sur dix, soit 2 millions de Françaises et plus de 190 millions de femmes dans le monde [1]. La mobilisation des associations de patientes, du corps médical et des pouvoirs publics a permis la mise en place de filières de soin dédiées et récemment la création d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose [2].
C’est une maladie vaste qui regroupe plusieurs formes (tableau 1), les plus fréquentes étant l’endométriose profonde et l’endométriose annexielle, désormais bien connues du grand public. En revanche, l’endométriose pariétale reste à ce jour une des formes les moins connues, aussi bien par les patientes que par le corps médical. Son incidence est comprise dans la littérature entre 0,3 et 3,5 % [3, 4], mais probablement sous-estimée par méconnaissance du diagnostic.

Tableau 1. Les différentes formes d'endométriose.
Endométriose profonde : atteinte pelvienne sous péri

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Auteurs

Milan Najdawi

Médecin radiologue Hôpital Tenon Assistance publique – Hôpitaux de Paris

Bibliographie

  1. Zondervan K. T., Becker C. M., Missmer S. A., « Endometriosis », New England Journal of Medicine, mars 2020, vol. 382, n° 13, p. 1244-1256. DOI : 10.1056/NEJMra1810764. PMID : 32212520.
  2. Rousset P., Florin M., Bharwani N. et coll., « Deep pelvic infiltrating endometriosis: MRI consensus lexicon and compartment-based approach from the ENDOVALIRM group », Diagnostic and Interventional Imaging, novembre 2022. DOI : 10.1016/j.diii.2022.09.004.
  3. Khan Z., Zanfagnin V., El-Nashar S. et coll., « Risk factors, clinical presentation, and outcomes for abdominal wall endometriosis », Journal of Minimally Invasive Gynecology, 2017, vol. 24, n° 3, p. 478-84. DOI : 10.1016/j.jmig.2017.01.005.
  4. Cornelis F., Petitpierre F., Lasserre A. S., « Percutaneous cryoablation of symptomatic abdominal scar endometrioma: initial reports », Cardiovascular Interventional Radiology, décembre 2014, vol. 37, n° 6, p. 1575-1579. DOI : 10.1007/s00270-014-0843-z. PMID : 24464261.
  5. Rindos N. B., Mansuria S., « Diagnosis and management of abdominal wall endometriosis: A systematic review and clinical recommendations », Obstetrical & Gynecological Survey, février 2017, vol. 72, n° 2, p. 116-122. DOI : 10.1097/ogx.0000000000000399.
  6. Dibble E. H., D’Amico K. C., Bandera C. A. et coll., « Cryoablation of abdominal wall endometriosis: A minimally invasive treatment », AJR American Journal of Roentgenology, septembre 2017, vol. 209, n° 3, p. 690-696. DOI : 10.2214/AJR.16.17269. PMID : 28609130.
  7. Maillot J., Brun J. L., Dubuisson V. et coll., « Mid-term outcomes after percutaneous cryoablation of symptomatic abdominal wall endometriosis: comparison with surgery alone in a single institution », European Radiology, octobre 2017, vol. 27, n° 10, p. 4298-4306. DOI : 10.1007/s00330-017-4827-7. PMID : 28396995.
  8. Welch B. T., Ehman E. C., VanBuren W. M. et coll., « Percutaneous cryoablation of abdominal wall endometriosis: the Mayo Clinic approach », Abdominal Radiology (NY), juin 2020, vol. 45, n° 6, p. 1813-1817. DOI : 10.1007/s00261-019-02379-4. PMID : 31894380.
  9. Smith K. A., Welch B. T., Kurup A. N. et coll., « Feasibility and safety of percutaneous image-guided cryoablation of abdominal wall endometriosis », Abdominal Radiology (NY), août 2022, vol. 47, n° 8, p. 2669-2673. DOI : 10.1007/s00261-021-03344-w. PMID : 34773468.
  10. Najdawi M., Razakamanantsoa L., Mousseaux C. et coll., « Percutaneous image-guided cryoablation of extra peritoneal endometriosis : mid-term outcomes », Journal of Vascular and Interventional Radiology, 2022. Submitted.
  11. Erinjeri J. P., Clark T. W., « Cryoablation: mechanism of action and devices », Journal of Vascular and Interventonal Radiology, août 2010, vol. 21, (8 Suppl), S187-191. DOI : 10.1016/j.jvir.2009.12.403. PMID : 20656228. PMCID : PMC6661161.

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