Interventionnel vasculaire

Les challenges de l’embolisation de la prostate

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Antoine Hakime et Benjamin Moulin Le 21/11/22 à 16:00, mise à jour le 11/09/23 à 13:30 Lecture 13 min.

Cet article propose une revue étape par étape des différents points clés permettant de s’assurer du succès technique et clinique d'une embolisation prostatique, en évitant la survenue de complications. © Benjamin Moulin et Antoine Hakimé

Résumé

L’embolisation des artères prostatiques (EAP) est une intervention destinée à traiter l’adénome de prostate. Le principe est simple ; il consiste à boucher les artères vascularisant la prostate (artères prostatiques) afin d’ischémier la glande et d’entraîner son atrophie. Son efficacité, tant sur les symptômes urinaires que les paramètres débitmétriques, est maintenant largement démontrée par une centaine d’études dont plusieurs essais randomisés. L’avantage principal de cette intervention est la quasi-absence de séquelles urinaires et sexuelles, y compris éjaculatoires, avec un profil de tolérance excellent (intervention réalisée en ambulatoire, par voie endovasculaire, sous anesthésie locale ou sédation consciente).
L’anatomie artérielle est un élément clé pour la réalisation d’une embolisation des artères prostatiques. Sa connaissance permet en effet d’anticiper les obstacles et de prévenir les potentielles complications liées à une embolisation hors cible. Les embolisations hors cibles peuvent toucher la vessie, le rectum et les corps caverneux. Lorsqu’il ne s’agit pas d’une véritable branche artérielle mais de petites collatérales vascularisées via des shunts de petite taille intra ou périprostatiques, ces embolisations hors cible n’ont pas ou peu de conséquences (ischémie se traduisant par quelques signes d’inflammation locale résolutifs en quelques jours). En revanche, lorsque ces shunts sont plus volumineux et qu’il existe sur l’artère prostatique une véritable branche rectale, vésicale ou pudendale accessoire, celle-ci doit impérativement être protégée avant embolisation, au risque de s’exposer dans le cas contraire à des complications ischémiques plus sévères : nécrose vésicale, nécrose cutanée ou muqueuse (de façon exceptionnelle peut également survenir un tableau de colique néphrétique sur ischémie du méat).
Cet article propose une revue étape par étape des différents points clés permettant de s’assurer d’un succès technique et clinique, en évitant la survenue de complications.

Réaliser une cartographie artérielle précise : analyse par angioscanner préopératoire ou CBCT peropératoire

La réalisation d’une imagerie en coupes avec opacification vasculaire avant embolisation est nécessaire à la bonne compréhension anatomique, la recherche de pièges et la planification de l’intervention. Celle-ci peut être effectuée par angioscanner pelvien réalisé lors de la consultation pré-intervention, ou par cone beam CT avec opacification réalisé en début de procédure. Il n’y a pas de recommandation formelle sur le sujet. Notre équipe privilégie le scanner, étant donné qu’il permet de choisir la voie d’abord la plus facile (radiale ou fémorale) avant l’intervention, et qu’il évite une injection de produit de contraste iodé dès le début de cette dernière. Cette dernière pourrait s’avérer problématique en raison de la gêne occasionnée par l’accumulation du contraste dans la vessie. Les équipes qui utilisent le CBCT ont recours à la mise en place d’un étui pénien du type Penilex

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Auteurs

Antoine Hakime

Radiologue interventionnel Hôpital américain de Paris Neuilly-sur-Seine

Benjamin Moulin

Médecin radiologue Hôpital américain de Paris Neuilly-sur-Seine

Bibliographie

  1. Bilhim T., Pisco J., Pinheiro L. C. et coll., « The role of accessory obturator arteries in prostatic arterial embolization », Journal of Vascular and Interventional Radiology, juin 2014, vol. 25, n° 6, p. 875–879. DOI : 10.1016/j.jvir.2014.03.005.
  2. De Assis A. M., Moreira A. M., de Paula Rodrigues V. C., et coll, « Pelvic arterial anatomy relevant to prostatic artery embolisation and proposal for angiographic classification », Cardiovascular and Interventional Radiology, mai 2015, vol. 38, p. 855–861. DOI : 10.1007/s00270-015-1114-3.
  3. Du Pisanie J., Abumoussa A., Donovan K., et coll., « Predictors of prostatic artery embolization technical outcomes: patient and procedural factors », Journal of Vascular and Interventional Radiology, février 2019, vol. 30, n° 2, p. 233–240. DOI : 10.1016/j.jvir.2018.09.014.
  4. Picel A. C., Hsieh T.-C., Shapiro R. M. et coll., « Prostatic artery embolization for benign prostatic hyperplasia: patient evaluation, anatomy, and technique for successful treatment », RadioGraphics, septembre-octobre 2019, vol. 39, n° 5, p. 1526–1548. DOI : 10.1148/rg.2019180195.
  5. Bilhim T., Pisco J. M., Rio Tinto H. et coll., « Prostatic arterial supply: anatomic and imaging findings relevant for selective arterial embolization », Journal of Vascular and Interventional Radiology, novembre 2012, vol. 23, n° 11, p. 1403–1415. DOI : 10.1016/j.jvir.2012.07.028.
  6. Henry B. M., Pękala P. A., Vikse J. et coll., « Variations in the arterial blood supply to the penis and the accessory pudendal artery: a meta-analysis and review of implications in radical prostatectomy », Journal of Urology, août 2017, vol. 198, n° 2, p. 345–353. DOI : 10.1016/j.juro.2017.01.080.
  7. Anract J., Amouyal G., Peyromaure M. et coll., « Study of the intra-prostatic arterial anatomy and implications for arterial embolization of benign prostatic hyperplasia », Progrès en urologie, avril 2019, vol. 29, n° 5, p. 263–269. DOI : 10.1016/j.purol.2019.02.007

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