Formation

« Nous avons créé une émulation autour de la thrombectomie »

Paul-Émile Labeyrie est neuroradiologue interventionnel à l’hôpital neurologique Pierre-Wertheimer à Lyon (Rhône-Alpes). Il a organisé avec son équipe la première édition de l’école de la thrombectomie, du 1er au 3 février 2017. 32 écoliers et 15 intervenants étaient présents.

Le 03/04/17 à 11:00, mise à jour hier à 15:20 Lecture 2 min.

Paul-Émile Labeyrie, neuroradiologue interventionnel à l'hôpital neurologique Pierre-Wertheimer, à Lyon (à gauche), et son équipe, ont organisé l'école de la thrombectomie pour rallier de nouveaux pratiquants à cette technique.

Docteur Imago / Qu’est-ce que l’école de la thrombectomie ?

Paul-Émile Labeyrie / C’est un symposium d’experts pour apprendre la technique de thrombectomie à des médecins moins expérimentés, des internes, des assistants. La plupart des radiologues interventionnels en devenir. Ils avaient envie de découvrir ou de se perfectionner dans cette nouvelle technique de radiologie interventionnelle. C’est une première édition française voire européenne et même mondiale.

D. I. / Pourquoi cette école ?

P.-E. L. / La thrombectomie permet de lutter avec efficacité contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques. Elle consiste à enlever les caillots des artères du cerveau. Même si ses bases théoriques sont assez anciennes, elle a été révolutionnée il y a quelques années, par de nouveaux dispositifs qui permettent de mieux ramener les caillots depuis le cerveau. Elle est pratiquée à grande échelle depuis seulement 2 ans et même les vieux praticiens chevronnés la découvrent. Pour l’heure nous ne sommes qu’une centaine à la pratiquer dans une poignée de centres. Nous voulions donc créer une émulation, échanger entre nous et savoir comment faire. Nous espérions aussi donner envie aux jeunes, aux radiologues de se former, de découvrir cette technique et de rejoindre des équipes déjà existantes voire de créer d’autres centres.

D. I. / À qui s’adresse cette école ?

P.-E. L. / Elle s’adresse à tous les radiologues de radiologie interventionnelle, les internes, assistants, les manipulateurs, etc. Il faut connaître les techniques, le matériel, les moyens de contention. Il faut aussi savoir rassurer les patients durant la prise en charge de cette urgence vitale qu’est l’AVC. Tout le monde a besoin de progresser, de travailler.

D. I. / Quels étaient les temps forts de ces journées?

P.-E. L. / Je pense que nous avons réussi à créer l’émulation. Nous avons eu de très bonnes présentations, par des personnes de qualité venant de la France entière, notamment une manipulatrice de notre service. En radiologie interventionnelle, les manipulateurs sont des collaborateurs précieux. Nous avons travaillé également sur des simulateurs. Ce furent trois jours d’échanges, de décomposition de gestes et nous avons donné de nombreux trucs et astuces.

D. I. / Comment se sont déroulés les ateliers pratiques?

P.-E. L. / Nous avions six ateliers différents équipés de simulateurs informatiques de procédure de thrombectomie. Nous avions aussi des flow-models. Ce sont des reconstitutions en silicone de circulation artérielle, avec de l’eau, qui permettent de réaliser des interventions en utilisant le vrai matériel. L’écolier peut ainsi s’entraîner à enlever de faux thrombus. Nous avions également un flow-model placé sous fluoroscopie en position réelle. Nous avons pu nous entraîner dans les conditions de salle de radiologie interventionnelle, sur un modèle, dans un environnement opératoire réel. Une belle expérience que nous espérons renouveler l’an prochain.

Auteurs

Virginie Facquet

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