Interventionnel vasculaire

Embolisation dans le cadre d’une hémoptysie : quand ? Comment ?

icon réservé aux abonnésArticle réservé aux abonnés
Mathieu Di Bisceglie et Paul Habert Le 19/12/23 à 15:00, mise à jour le 22/05/24 à 15:00 Lecture 19 min.
Figure 6. Lésion de malformation artérioveineuse pulmonaire (MAVP) apicale droite (A, B), chez une patiente suivie pour maladie de Rendu-Osler. L’artère afférente est mesurée à 2,5 mm de diamètre, indiquant une embolisation artérielle pulmonaire. La branche artérielle pulmonaire apicale droite est cathétérisée et l’artériographie objective le shunt artérioveineux pulmonaire (C). L’artère afférente est embolisée par coils (D), excluant la malformation artérioveineuse sur l’angiographie de contrôle.

Tout épisode d’hémoptysie doit faire l’objet d’une démarche diagnostique et potentiellement thérapeutique pour laquelle la radiologie occupe une place centrale. © Mathieu Di Bisceglie et Paul Habert

Résumé

L’hémoptysie n’est jamais un symptôme anodin et doit faire l’objet d’une démarche diagnostique et potentiellement thérapeutique pour laquelle le radiologue occupe une place centrale. Sa prise en charge doit être considérée en urgence. Son abondance, son retentissement notamment respiratoire et son étiologie sont les principaux facteurs devant faire considérer la place de l’embolisation artérielle bronchique dans la gamme thérapeutique à proposer. L’hémoptysie est dans 90 % des cas secondaire à une atteinte artérielle systémique, surtout bronchique, auquel cas une embolisation par cathétérisme artériel sélectif et l’administration d’un agent d’embolisation est le plus souvent le traitement de première intention à proposer. Dans 10 % des cas, une cause artérielle pulmonaire est retrouvée, nécessitant un cathétérisme des cavités cardiaques droites, puis artériel pulmonaire qui peut être délicat.

Introduction

Définition

L’hémoptysie correspond à un saignement des voies aériennes sous-glottiques. Un élément important à rappeler est que ce saignement peut être extériorisé ou non, pouvant conduire à sous-évaluer sa quantité. Elle résulte de l’irruption de sang dans les voies aériennes depuis des vaisseaux intrathoraciques pathologiques, le plus souvent issus de la circulation systémique bronchique (hypervascularisation ou hyperartérialisation bronchique), plus rarement aux dépens de la circulation artérielle pulmonaire.

Une prise en charge à considérer en urgence

Tout épisode d’hémoptysie doit faire l’objet d’une démarche diagnostique et potentiellement thérapeutique pour laquelle la radiologie occupe une place centrale. Sa prise en charge doit être considérée en urgence car de simples « crachats hémoptoïques » peuvent récidiver sous une forme massive et mettre en jeu le pronostic vital du patient de façon rapide, non pas par leurs conséquences hémorragiques mais par leur rete

Il vous reste 96% de l’article à lire

Docteur Imago réserve cet article à ses abonnés

S'abonner à l'édition
  • Tous les contenus « abonnés » en illimité
  • Le journal numérique en avant-première
  • Newsletters exclusives, club abonnés

Abonnez-vous !

Docteur Imago en illimité sur desktop, tablette, smartphone, une offre 100% numérique

Offre mensuelle 100 % numérique

23 €

par mois

S’abonner à Docteur Imago

Auteurs

Mathieu Di Bisceglie

Radiologue diagnostique et interventionnel Assistance publique - Hôpitaux de Marseille / Imadis Marseille

Voir la fiche de l’auteur

Paul Habert

Radiologue diagnostique et interventionnel CHU Hôpital Nord - Assistance publique – Hôpitaux de Marseille Marseille

Aix Marseille Univ, LIIE et CERIMED

Marseille

Déclaration des liens d'intérêts

Aucun lien d’intérêts déclaré par le(s) auteur(s) de cet article.

Bibliographie

  1. Collège des enseignants de pneumologie, Hémoptysie. https://cep.splf.fr/wp-content/uploads/2015/01/item_201_ex_item_317_he_moptysie.pdf. Consulté le 14 décembre 2023.
  2. Khalil A., Tassart M., Fartoukh M. et coll., « Aspects particuliers des hémoptysies : physiopathologie, diagnostic et traitement », Imagerie Thoracique, 2013, p. 949-994. DOI : 10.1016/B978-2-294-71321-7.50026-4
  3. Ittrich H., Bockhorn M., Klose H. et coll., « The Diagnosis and Treatment of Hemoptysis », Deutsches Arzteblatt International, juin 2017, vol. 114, n° 21, p. 371-381. DOI : 10.3238/arztebl.2017.0371.
  4. Panda A., Bhalla A. S., Goyal A., « Bronchial artery embolization in hemoptysis: a systematic review », Diagnostic and Interventional Radiology, juillet-août 2017, vol. 23, n° 4, p. 307-317. DOI : 10.5152/dir.2017.16454.
  5. Kettenbach J., Ittrich H., Gaubert J. Y. et coll., « CIRSE standards of practice on bronchial artery embolization », Cardiovascular and Interventional Radiology, juin 2022, vol. 45, n° 6, p. 721–732 DOI : 10.1007/s00270-022-03127-w
  6. Martin-Champetier A., Di Bisceglie M., Ravaud S, Soussan J, Habert P., « Successful Embolization of a Rasmussen Aneurysm Perfused by an Intercostal Artery Using Ethylene-Vinyl Alcohol Copolymer », Journal of Vascular and Interventional Radiology, juin 2023, vol. 34, n° 6, p. 1098-1100. DOI : 10.1016/j.jvir.2023.01.025.

Discussion

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Sur le même thème

Le fil Docteur Imago

16 Juil

16:59

Une étude rétrospective compare les biopsies mammaires guidées par tomosynthèse et par échographie pour les lésions mammaires non calcifiées, en évaluant leurs caractéristiques et leurs performances diagnostiques. Les résultats montrent que l'échographie présente une meilleure valeur prédictive positive et que la tomosynthèse reste une alternative pertinente lorsque la lésion n'a pas de corrélat échographique définitif.

13:46

En angioscanner de la tête et du cou, associer une technologie de reconstruction d'image par apprentissage profond à une acquisition de basse énergie (80 kVp) permet de diminuer les doses de radiation (-36 %) et de produit de contraste (-26%) en améliorant la qualité d'image par rapport au protocole standard (100 kVp et reconstruction itérative), conclut un article dans EJR.

7:45

Le repérage percutané guidé par réalité augmentée (RA), réalisé en une seule intervention, est aussi efficace que le guidage par scanner pour la résection de nodules pulmonaires suspects de cancer précoce, indique une étude.
15 Juil

16:00

Evolucare devient le premier éditeur référencé sur les deux volets du couloir Imagerie du Ségur avec son RIS Evolucare Imaging®, après le référencement Ségur de sa DRIMbox, annonce un communiqué de la société.
Docteur Imago

GRATUIT
VOIR