Repère

Les niveaux de référence diagnostiques

Cet article liste l’ensemble des NRD en vigueur au 31 janvier 2017 pour les examens de radiologie et de médecine nucléaire.

Le 01/02/17 à 15:52, mise à jour aujourd'hui à 14:33 Lecture 6 min.

Les NRD sont un « outil pour l’optimisation » de la dose délivrée au patient. © Benjamin Bassereau

La loi française impose aux radiologues et autres utilisateurs de rayonnements ionisants d’optimiser l’exposition de leurs patients. L’article R1333-59 du Code de la santé publique prévoit ainsi que les médecins doivent mettre en place des « procédures et opérations tendant à maintenir la dose de rayonnements au niveau le plus faible raisonnablement possible ». Pour les guider, le législateur a mis en place des Niveaux de référence diagnostiques (NRD), des indications de dose pour différents types d’examens. Leur définition est prévue par l’article R-1333-68 de Code de la santé publique : « Pour les examens exposant aux rayonnements ionisants les plus courants et pour les examens les plus irradiants, des niveaux de référence diagnostiques de dose sont fixés par arrêté du ministre chargé de la santé, pour des examens types sur des groupes de patients types ou sur des matériaux simulant le corps humain […]. » Cette réglementation découle de la transposition de la directive 97/43/EURATOM du 30 juin 1997. Les niveaux NRD en vigueur ont été fixés par l’arrêté du 24 octobre 2011 « relatif aux niveaux de référence diagnostiques en radiologie et en médecine nucléaire », publié au Journal Officiel du 14 janvier 2012.    

Radiologie conventionnelle

En radiologie conventionnelle, la réglementation prévoit deux grandeurs dosimétriques pour fixer des niveaux de référence : le produit dose.surface (PDS) et la dose à la surface d’entrée du patient (De), pour une incidence unique.
L’arrêté du 2 octobre 2011 rappelle ainsi que « le produit dose.surface, PDS, exprimé dans la pratique en centigrays.centimètres carrés (cGy.cm²), est le produit de la dose moyenne absorbée dans l’air dans la section droite du faisceau de rayons X, en l’absence de milieu diffusant, par la surface de cette section. La dose à la surface d’entrée, De, exprimée dans la pratique en milligrays (mGy), est la dose absorbée dans l’air, rayonnement diffusé inclus, au point d’intersection de l’axe du faisceau de rayons X avec la peau, à l’entrée du patient ».

Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Tableau 1. Niveaux de référence de la dose à l'entrée du patient (De) et du produit dose.surface (PDS) en radiologie conventionnelle chez l'adulte. Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

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Tableau 2. Correspondance entre les unités affichées sur les dispositifs permettant la détermination du PDS et celles utilisées pour exprimer les niveaux de référence. Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Mammographie

En mammographie analogique, « la grandeur utilisée pour fixer le NRD est la dose à l’entrée (De) telle que déterminée selon les modalités de contrôle de la dose sur fantôme anthropomorphe précisées par la décision du directeur général de l’AFSSAPS concernant la mammographie analogique. En mammographie numérique, la grandeur est la dose moyenne à la glande (DMG) telle que définie et déterminée pour une épaisseur équivalente de sein de 45 mm selon les modalités de contrôle de la dose précisées par la décision du directeur général de l’AFSSAPS concernant la mammographie numérique ».

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Tableau 3. Niveaux de référence en mammographie Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Radiopédiatrie

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Tableau 4. ― Niveaux de référence de la dose à l'entrée du patient (De) et du produit dose.surface (PDS) en radiopédiatrie conventionnelle pour une incidence unique. Selon le rapport de la HAS de février 2008, la radiographie de la hanche n'est pas justifiée pour un enfant de moins de quatre mois pour le diagnostic de luxation congénitale de la hanche. Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Scanographie

Les grandeurs dosimétriques utilisées pour fixer des niveaux de référence en scanographie sont l’indice de dose scanographique du volume (IDSV) et le produit dose.longueur (PDL), indique l’arrêté. « L’indice de dose scanographique pondéré (IDSP), exprimé dans la pratique en milligrays (mGy), est une combinaison linéaire des indices de dose scanographiques mesurés respectivement au centre (IDSc) et en périphérie (IDSp) d’un fantôme cylindrique standard, pour une rotation du tube à rayons X, avec les paramètres d’exposition propres à l’examen considéré. Par convention, la tête d’un patient type adulte est simulée par un cylindre de polyméthacrylate de méthyle (PMMA) de 16 cm de diamètre et le corps par un cylindre de PMMA de 32 cm de diamètre, la longueur du cylindre étant au moins égale à 14 cm : IDSP = (1/3 IDSc + 2/3 IDSp).
L’IDSV, exprimé en pratique en milligrays (mGy), est égal à l’IDSP divisé par le pas de l’hélice utilisé pour l’acquisition. Le pas de l’hélice est défini comme le rapport entre la distance parcourue par le plateau de table pour une rotation de 360° du tube à rayons X et le produit de l’épaisseur nominale de coupe par le nombre de coupes obtenues. En pédiatrie, on précisera le diamètre du cylindre de PMMA pris comme référence pour la détermination de l’IDSV.
Le produit dose.longueur (PDL), exprimé en pratique en milligrays.centimètres (mGy.cm), est égal au produit de l’indice de dose scanographique du volume IDSV (mGy) par la longueur L (cm) du volume exploré au cours d’une acquisition :
PDL = IDSV.L. »

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Tableau 5. Niveaux de référence en scanographie chez l'adulte pour une acquisition. Les valeurs indiquées correspondent à un fantôme de 16 cm de diamètre pour les examens de l'encéphale, et de 32 cm pour les autres examens. Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Scanographie pédiatrique

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Tableau 6. Niveaux de référence en scanographie pédiatrique pour une acquisition Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

Médecine nucléaire

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Tableau 7. Niveaux de référence en médecine nucléaire pouvant faire l'objet d'un relevé d'activité réellement administrée. Docteur imago d'après légifrance.gouv.fr

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) rappelle que les NRD sont un « outil pour l’optimisation » et qu’ils ne doivent pas être assimilés à des « limites de dose » ou à des « doses optimales ». « Leur respect ne dispense pas de poursuivre la mise en œuvre du principe d’optimisation », mentionne l’arrêté du 24 octobre 2011.

[contenu_encadre img= » » titre= »Vers de nouveaux NRD » contenu= »Sur la base des évaluations réalisées entre 2013 et 2015, l’IRSN a proposé une mise à jour des NRD. Nous évoquons cette révision dans un autre article. Les propositions ont été transmises à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). À charge pour cette dernière de proposer un nouvel arrêté, qui pourrait être publié d’ici à fin 2017. » auteur= » » legende= » » credit= » »]

Auteurs

Jérome Hoff

Rédacteur en chef adjoint BOM Presse Clichy

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