Congrès de la Société française de neuroradiologie

Créer des centres de thrombectomie sera une nécessité en France

La SFNR a tenu son congrès annuel du 22 au 24 mars 2017 à Paris. Elle a notamment évoqué la prise en charge des AVC en France. Pour plusieurs intervenants, il faudra créer des centres de thrombectomie pour développer cette technique.

Le 18/04/17 à 7:00, mise à jour aujourd'hui à 15:20 Lecture 1 min.

Le dernier congrès de la SFNR a consacré une table ronde à la thrombectomie. © V. F.

En France, 1 231 patients ont été traités par thrombectomie en 2014, 2 033 en 2015 et 4 589 en 2016, recense Jérôme Berge, neuroradiologue au CHU Pellegrin à Bordeaux (33). « Le nombre de thrombectomies par centre est passé de 33 à 124 par an »,  a-t-il rappelé lors du congrès de la Société française de neuroradiologie (SFNR). Rappelons que la thrombectomie est une nouvelle technique de soin des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Elle consiste à retirer le caillot sanguin en introduisant une sonde dans l’artère.

13 600 thrombectomies en France d’ici quelques années

« Seulement 60 % des patients qui font des AVC en France accèdent à une unité neurovasculaire (UNV) », poursuit-il. L’objectif est que tous les patients arrivent dans ces unités. « Selon l’étude de diverses méta-analyses, nous aurions en 2022-2025, une perspective de 13 600 thrombectomies en France », annonce-t-il. Ce chiffre est le double de celui prévu pour 2017. « Nous avons une grande marge de progression car nos schémas d’acheminement des patients sont loin d’être optimaux. De plus, les indications vont être plus nombreuses », précise Jérôme Berge.

Créer 10 centres

Le délai de prise en charge est important, mais il faut également un opérateur bien formé. Il existe actuellement 37 centres de neuroradiologie interventionnelle (NRI). Il en faudrait 10 de plus pour assurer un critère d’égalité d’accès aux soins. Ces créations de centres et l’augmentation du nombre de patients traités engendreront un besoin de neuroradiologues interventionnels. Selon les estimations, 105 devront être formés d’ici 5 ans.

Former des médecins

« Tout le monde est d’accord pour accepter l’idée qu’il y a des endroits en France où il va falloir créer des centres de thrombectomie. À l’heure de la T2A, beaucoup de gens vont vouloir en faire dans des endroits où ce ne sera pas utile. Pour la formation, il va falloir s’adosser aux recommandations françaises et européennes. Elles prévoient un cursus de formation de minimum 2 années pour les neurologues voulant faire de la thrombectomie », conclut Laurent Spelle, neuroradiologue au centre Neuri au Kremlin-Bicêtre.

Auteurs

Virginie Facquet

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